Rumonge : les coupures d’électricité paralysent les activités économiques et scolaires
SOS Médias Burundi
Rumonge, 21 septembre 2026 — Les coupures répétitives d’électricité perturbent fortement les activités économiques et scolaires dans la ville portuaire de Rumonge, en province de Burunga dans le sud-ouest du Burundi. Depuis plus d’un mois, plusieurs activités qui dépendent de l’énergie électrique tournent au ralenti ou sont complètement à l’arrêt.
Les soudeurs, propriétaires de moulins, cafétérias, savonneries, salons de coiffure et de beauté, secrétariats publics ainsi que certaines banques et institutions de microfinance figurent parmi les secteurs les plus touchés. Selon des habitants, le centre-ville de Rumonge ne serait alimenté par le courant de la Regideso qu’une à deux heures par jour.
Certains opérateurs économiques affirment que leurs activités sont paralysées depuis près d’un mois et demi. Ils disent subir des pertes importantes et avoir des difficultés à subvenir aux besoins de leurs familles, payer les salaires de leurs employés et honorer leurs loyers.
La situation affecte particulièrement les ménages à faibles revenus qui dépendent de petits métiers fonctionnant à l’électricité. Ces habitants demandent à la Regideso de prendre des mesures afin de rétablir une alimentation électrique régulière.
Le recours aux groupes électrogènes coûte cher
Les banques et institutions de microfinance tentent de maintenir leurs services grâce aux groupes électrogènes. Mais cette solution est rendue difficile par la pénurie de carburant qui perdure au Burundi depuis près de six ans.
Des acteurs du secteur indiquent que certaines institutions sont obligées de se procurer du carburant sur le marché parallèle. Le prix y est particulièrement élevé et variable selon les vendeurs. Un litre et demi peut coûter entre 18 000 et 25 000 francs burundais, soit plus de six fois le prix officiel, ce qui augmente considérablement les charges de fonctionnement des établissements concernés.
Les écoles à internat confrontées à l’obscurité
Les perturbations de l’alimentation électrique touchent également certains établissements scolaires à régime d’internat. Dans des lycées comme le Lycée Rumonge et le Lycée Al Maktoum, des responsables scolaires affirment que l’absence d’éclairage complique l’encadrement des élèves pendant les heures nocturnes.
Les élèves internes ne peuvent pas toujours effectuer leurs séances de révision le soir. Les responsables scolaires expliquent également qu’ils sont contraints de faire regagner les dortoirs aux élèves plus tôt que prévu afin de limiter les difficultés liées à la surveillance durant la nuit.

Ils craignent que cette situation n’ait des répercussions sur les apprentissages et les résultats scolaires au cours de ce premier trimestre.
Un problème qui dépasse Rumonge
La situation de Rumonge n’est pas un cas isolé. Dans la petite nation de l’Afrique de l’Est, les villes et centres urbains sont régulièrement confrontés aux perturbations de l’alimentation électrique, affectant aussi bien les ménages que les entreprises, les services publics et les établissements scolaires.
Le problème est particulièrement préoccupant dans les grandes villes, où une grande partie de l’activité économique et des services dépend de l’électricité. C’est notamment le cas de Bujumbura, la capitale économique, où sont concentrées de nombreuses entreprises, banques, institutions financières, administrations, médias et autres services.
Dans cette ville, les radios ne sont pas non plus épargnées par les conséquences des coupures. La radio indépendante Isanganiro a notamment dû présenter des excuses à ses auditeurs la semaine dernière après avoir été dans l’impossibilité de diffuser ses programmes et de maintenir son antenne en raison des perturbations électriques.
La Regideso invoque l’extension des zones à desservir
La Regideso, seule entreprise étatique chargée de la distribution de l’eau et de l’électricité au Burundi, explique ces perturbations notamment par l’extension des zones à desservir.
Cette explication ne convainc toutefois pas les habitants et les opérateurs économiques de Rumonge, qui dénoncent la durée des coupures et leurs conséquences sur les activités quotidiennes.
Face à ces difficultés, les opérateurs économiques, les familles et les responsables scolaires appellent à une résolution rapide du problème afin de permettre la reprise normale des activités dépendant de l’électricité.
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Photo : le lycée de Rumonge, l’un des établissements scolaires à internat de la ville, confronté aux coupures d’électricité qui perturbent les activités scolaires. © SOS Médias Burundi
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