Université du Burundi : risque d’une situation explosive
Le ministère de l’éducation nationale et de la recherche scientifique vient d’adresser une correspondance au premier ministre de la République. Il évoque une situation explosive à l’université du Burundi suite à l’arrêt de la pension de retraite du personnel de cette université depuis avril 2020. Gaspard Banyankimbona demande au chef du gouvernement de se saisir de la question pour maintenir le climat socio- professionnel apaisé à la veille de la rentrée académique envisagée au moins de novembre prochain. Entre autres mesures, il lui demande de sursoir à cette mesure qui, selon lui risque de paralyser les activités de l’université publique. (SOS Médias Burundi)
C’est une note de quatre pages qui a été envoyée au premier ministre le 30 septembre.
Le ministre de l’éducation et de la recherche scientifique alerte sur les conséquences de l’arrêt de la pension de retraite pour le personnel de l’université du Burundi.
Selon le ministre, les personnels de l’université du Burundi sont régis par des statuts négociés après des moments très durs pour cette institution surtout avec la fuite des cerveaux vers d’autres universités de la sous- région particulièrement au Rwanda ou vers d’autres universités privées de la place qui offraient de meilleures conditions salariales.
« D’un côté, cette fuite avait comme conséquences les grèves incessantes liées aux revendications syndicales selon lesquelles il fallait sauver l’université du Burundi qui était au bord du gouffre », lit-on dans le document.
Pour trouver une solution à ce problème, des négociations avec les syndicats ont abouti aux statuts actuels qui datent de 2015, ajoute-t-il.
Entre autres avantages accordés par ces statuts aux personnels de l’université du Burundi figure une pension de la retraite.
Cependant, la mesure prise de supprimer cette pension de retraite depuis le mois d’avril 2020 sans préparation préalable des bénéficiaires crée déjà une situation explosive qui risque de susciter le mauvais climat qui a prévalu à l’université avant la mise en application de ces nouveaux statuts, selon cette correspondance.
Le ministre indique que cette décision va affecter négativement l’université du Burundi : la fuite des enseignants vers les universités de la sous-région où les universités locales privées qui offrent de meilleures conditions salariales; ce qui est susceptible de paralyser les activités d’enseignement et de recherche à l’université du Burundi, l’écroulement du cycle de Master et de l’école doctorale qui vient de naître à peine il y a trois ans par manque d’enseignants, de promoteurs de mémoires ou de thèses…
Pour sauver l’université qui tend vers une situation de dégénérescence, selon M. Banyankimbona , il faut une implication des hautes autorités du pays, les seules capables de sursoir à cette mesure afin de préserver un climat de travail apaisé et serein à l’universite du Burundi.
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Photo: rectorat de l’université du Burundi
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