Burundi : les femmes rurales demandent aux élues d’être plus présentes
Le Burundi se joint au monde entier pour célébrer la journée dédiée à la femme rurale, une journée qui est célébrée le 15 octobre de chaque année. Pendant quatre jours, des œuvres produites par des femmes rurales seront exposées au palais des arts dans la capitale économique Bujumbura. Le gouvernement du Burundi fait appel aux intervenants dans le domaine du développement de la femme de redoubler d’efforts. La femme rurale quant à elle demande aux femmes qui font partie des organes de prise de décision de faire entendre leur voix. (SOS Médias Burundi)
Généralement au Burundi, quand on parle de la femme rurale, on dit qu’ « elle n’a pas d’emploi ».
Et pourtant, elle se lève chaque matin pour aller chercher du bois de chauffage, puiser de l’eau ou encore cuisiner avant d’aller faire des travaux champêtres.
N’eut été les effets du changement climatiques dans cette nation de l’Afrique de l’est, l’agriculture faisait vivre sa famille. « Normalement, si la saison est bonne, nous parvenons à faire vivre nos familles grâce aux récoltes de nos champs. Mais avec le changement climatique, il y a risque de famine en raison du manque criant de pluies. À cela s’ajoute la cherté des engrais chimiques pour fertiliser les terres », déplorent des femmes de la commune et province de Bubanza ( ouest du Burundi).
Le Burundi est parmi des rares pays au monde où les femmes sont représentées à 30% au parlement. Mais des femmes rurales regrettent qu’elles ne voient pas leurs représentantes. « Elles ne nous aident en rien,nous les paysannes. Nous ne les voyons pas. Elles ne nous visitent même pas pour tenir des réunions avec nous. L’appel que nous leur lançons est de venir sur nos collines, dans nos quartiers pour nous rassembler et écouter nos doléances. Comme ça nous pourrons nous développer », a témoigné à SOS Médias Burundi une femme de Bubanza.

Toutefois, des associations de femmes à l’instar de « Solidarité des femmes burundaises pour le bien être social et le progrès », la participation politique de la femme est très importante surtout dans le domaine de lutte contre des violences faites aux femmes.
« Si la femme se trouve dans les instances de prise de décision au niveau collinaire et communal…ça va beaucoup aider dans la lutte contre les violences faites aux femmes car la femme n’aura plus peur d’aller dénoncer les auteurs surtout qu’il y aura une femme comme elle qui va comprendre sa douleur et l’aider », explique Annick Dusenge , une des responsables de projet.
La ministre en charge des droits humains et de la solidarité quant à elle appelle les intervenants en matière de l’autonomisation économique des femmes à « soutenir davantage le travail des femmes, encourager le travail associatif pour accroître la production ».
Selon des estimations de l’ONU, les femmes rurales représentent un quart de la population mondiale et moins de 20% des propriétaires terriens sont des femmes.
« Si les femmes des zones rurales disposaient du même accès aux actifs agricoles, à l’éducation et au marché que les hommes, la production agricole pourrait être augmentée et le nombre d’individus souffrants de la faim pourrait diminuer d’environ 100 à 150 millions de personnes », affirment les Nations-Unies.
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Photo: une femme avec un enfant au dos devant la cour d’appel de Gitega, mars 2020
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