Vente aux enchères des biens des « putschistes » : une affaire cachée aux lourdes conséquences
Depuis ce mardi, l’autorité judiciaire a procédé à une ventes aux enchères des biens, meubles et immeubles des individus poursuivis dans le dossier du coup d’État raté de 2015. Après que les autorités judiciaires aient refusé aux médias locaux de couvrir la vente aux enchères, un reporter de SOS Médias Burundi y est retourné ce mercredi. Les personnes intéressées ne sont pas informées de l’origine des lots. Des intéressés affirment que les biens, meubles et immeubles en question ont déjà été achetés par des acquéreurs qui ne se sont même pas présentés sur les lieux. L’événement a aussi paralysé les activités. Des justiciables qui se sont déplacés en provenance de différentes localités pour des audiences au ministère n’ont pas été reçus. (SOS Médias Burundi)
À l’entrée du building abritant le bloc administratif du ministère en charge de la justice, une foule innombrable voulait entrer et pouvoir participer à la séance de vente aux enchères.
Toutefois, des policiers et militaires qui avaient été déployés à cet endroit ne laissaient passer que certains individus.
« On voulait participer à la vente aux enchères. Mais celle-ci est différente des ventes aux enchères que nous connaissons. Nous ne comprenons pas pourquoi on nous bloque alors que l’activité a été rendue publique. Il doit y avoir des non-dits derrière ça », ont regretté des intéressés qui n’ont pas eu accès à la vente.
Des témoins qualifient l’événement de « sélectif ».
Selon une source proche du dossier, les acheteurs étaient connus d’avance.
« C’est pourquoi on a même refusé aux journalistes de couvrir l’événement. Ça pourrait générer de débat difficile », a-t-elle insisté.
D’autres sources ont révélé à SOS Médias Burundi que la vente aux enchères n’était qu' »une formalité » pour montrer au public que ça se fait dans la transparence alors que les vrais acheteurs n’étaient pas là.
Paralysie des activités
Depuis le matin, des personnes en provenance de différentes provinces n’ont pas pu être reçues au ministère de la justice. L’activité a tout paralysé. Vers 10h, le directeur général de l’organisation judiciaire Nestor Kayobera a donné l’ordre de chasser tous les justiciables qui étaient là.
Même des employés du ministère qui sont arrivés au service en retard ont été obligés de rentrer à la maison.
« Je suis venu de l’intérieur du pays pour voir l’état d’avancement de mon dossier. Les bureaux sont ouverts, mais on m’a dit que je devrais revenir un autre jour », a regretté un homme originaire d’une province lointaine de la capitale économique Bujumbura.
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