Nyarugusu (Tanzanie) : au moins quinze réfugiés interpellés

Nyarugusu (Tanzanie) : au moins quinze réfugiés interpellés

Il s’agit de Congolais et Burundais installés dans le camp de réfugiés de Nyarugusu en Tanzanie. Ils ont été arrêtés par la police tanzanienne ce lundi. Les détenus sont entre autres poursuivis pour des actes de « soulèvement et fauteurs de trouble ». (SOS Médias Burundi)

Selon la police tanzanienne, les intéressés devront être entendus par la justice. Ils ont été appréhendés à la suite des coups de feu entendus dans la zone 4 du camp, samedi dernier.
Cette partie est habitée par des réfugiés congolais. Les individus arrêtés sont pour la plupart des hommes et jeunes gens.

Des rondes nocturnes non autorisées

Depuis un certain temps, des réfugiés de Nyarugusu ont décidé d’organiser des rondes nocturnes. C’est après avoir été informés que le camp risque d’être attaqué. La suspicion a été renforcée par l’arrestation de sept hommes armés à Nyarugusu la semaine dernière.

Dimanche, la police a signifié aux réfugiés que les auteurs de la fusillade de la veille sont des inconnus armés qui se sont introduits dans le camp. « La piste de la police n’est pas vraie. Certes, il y a un homme d’affaires qui a été victime d’un vol ce soir là. Mais des Congolais qui montaient la garde en cachette ont aperçu des éléments de la police tanzanienne dans ce groupe qui est à l’origine de la fusillade. Certains d’entre eux ont été identifiés. Ils sont postés à une position communément appelée O3 qui garde la partie congolaise », racontent des réfugiés.

Manifestation

En colère, plusieurs réfugiés congolais ont fait un sit-in devant le poste de police ce dimanche.
Ils voulaient dévoiler l’identité des policiers qui faisaient partie du groupe armé qui a perpétré un vol la veille.

Les manifestants ont été dispersés à gaz lacrymogène. « C’est une évidence que la police locale était au courant du vol commis chez le commençant congolais. Comment expliquez vous qu’elle refuse notre apport et collaboration pour lui montrer les auteurs « , s’interrogent des réfugiés.

Message spécifique pour les réfugiés burundais

Le maire du district de Kasulu dans la région de Kigoma où le camp de Nyarugusu est installé s’est exprimé sur la situation ce lundi.
Il a menacé de  » poursuite  » tout individu qui s’opposerait au rapatriement des réfugiés burundais.
Ce message a surpris les Burundais. « C’est très bizarre, l’incident s’est produit dans la zone occupée par des Congolais mais le maire s’adresse à nous les Burundais. En plus, il fait une liaison avec le rapatriement. Il est dans la même logique des autorités tanzaniennes qui veulent nous contraindre de rentrer « , accusent des réfugiés burundais rencontrés par notre reporter ce lundi.

La semaine dernière, sept hommes armés ont été surpris à Nyarugusu dans la partie congolaise. Ils ont confirmé à la police avoir pour mission de « perturber la sécurité dans zone burundaise ».

Toutefois, ils n’ont jamais dévoilé l’identité des commendataires de la mission. Les occupants de Nyarugusu alertent sur la situation et demandent au HCR et à la Tanzanie de les protéger.

Nyarugusu abrite plus de 120.000 réfugiés dont plus de 50.000 Burundais.

_____________

Photo : camp de Nyarugusu

Previous Fizi (RDC) : l'armée libère trois employés de Norwegian Refugees Council
Next Covid-19 : cinq cas parmi le personnel de l'hôpital de Cibitoke

You might also like

Réfugiés

Réfugiés: le Burundi intensifie des missions de sensibilisations pour appeler au retour des réfugiés

Les lundi et mardi de cette semaine, le ministre tanzanien de l’Intérieur et le consul du Burundi dans la région de Kigoma ont effectué des visites dans trois camps de

Réfugiés

Tanzanie : l’ONU très préoccupée par des violations des droits de réfugiés burundais

Des experts des droits de l’homme des Nations Unies ont rendu public un rapport sur la situation des droits des réfugiés burundais vivant en Tanzanie. Ils déplorent des cas de

Réfugiés

Nduta (Tanzanie) : plusieurs cas de décès inquiétants

Le camp de Nduta en Tanzanie a enregistré une dizaine de décès en moins d’une semaine. Le dernier en date est celui de la représentante suppléante du comité représentatif des