Burundi : plus de 5200 prisonniers vont bénéficier de la grâce présidentielle
Le président burundais a signé un décret graciant 5255 prisonniers vendredi dernier. Il explique que la mesure a été prise pour réaffirmer « l’engagement de bâtir notre pays autour des idéaux de paix, de justice, de respect des droits humains et de réconciliation nationale ». Pour M. Ndayishimiye, il s’agit d’une mesure exceptionnelle de clémence qui s’avère nécessaire pour désengorger les prisons en vue d’améliorer les conditions de détention. (SOS Médias Burundi)
Les prisonniers condamnés définitivement à des peines inférieures ou égales à cinq ans du chef de toutes les infractions vont bénéficier de la remise totale des peines, à l’exception du génocide, des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre, du vol à main armée, de la détention illégale d’armes à feu, de la participation à des bandes armées, de l’atteinte à la sûreté intérieure et/ou extérieure de l’État, du mercenariat, du terrorisme et du bioterrorisme, de l’homicide volontaire, du viol, de la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants et du trafic des êtres humains. Les peines vont être réduites à vingt ans pour les condamnations à l’emprisonnement à perpétuité sauf pour les individus accusés des infractions énumérées là haut.
Sont aussi concernés par la remise totale des peines, les femmes condamnées qui sont enceintes ou ayant des enfants dans la prison, les mineurs condamnés et âgés de moins de dix-huit ans, les condamnés atteints de maladies incurables à un stade avancé ainsi que les détenus de soixante ans et plus à l’entrée en vigueur du présent décret.
Les prisonniers atteints de maladies mentales et ceux atteints d’infirmité physique bénéficieront également de la remise totale des peines.
Dans cette catégorie, sont aussi inclus les prisonniers qui ont déjà exécuté trois quart de leurs peines , les femmes condamnées pour infanticide ou avortement ayant purgé au moins 5 ans de servitude pénale, les personnes jugées pour corruption et/ou infractions connexes à la corruption, quelque soit la peine prononcée à condition d’avoir payé les montants détournés et les dommages et intérêts prononcés par les cours et tribunaux.
Quant aux détenus condamnés à la prison à vie ayant déjà purgé le quart de la peine et dont les condamnations sont devenues définitives à l’entrée en vigueur du présent décret, ils bénéficieront de la remise des peines à moitié.
Depuis dimanche dernier, les concernés s’apprêtaient à leur « libération immédiate ». Ils ont eu droit à des séances d’éducation civique et patriotique. La majorité s’attendait à ce que la ministre de la justice Jeanine Nibizi fasse le lancement officiel à la prison centrale de Gitega (capitale politique) ce lundi.
Mais elle s’y est rendue plutôt pour donner une assistance à 94 femmes qui sont sur la liste des détenus à bénéficier de la grâce présidentielle. Des sources à différentes maisons d’arrêt indiquent que des « erreurs ont été remarquées dans l’élaboration des listes ».
Jusqu’au 31 décembre 2020, la population carcérale du Burundi était estimée à 12751 dans les 11 prisons construites pour une capacité d’accueil ne dépassant pas 4194 personnes.
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Photo : un policier escorte des détenus à la prison de Muramvya dont des élèves poursuivis pour avoir gribouillé la photo de feu président Pierre Nkurunziza dans des manuels scolaires, juin 2016
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