Bururi : plus de trente personnes détenues en violation de la loi
D’après une source judiciaire, plus de trente personnes sont incarcérées illégalement à la prison centrale de Bururi (sud du Burundi). Les concernés reprochent aux magistrats d’être trop lents dans le traitement de leurs dossiers. (SOS Médias Burundi)
Selon une source judiciaire, 11 personnes sont emprisonnées alors que leurs dossiers ont été mis en deliberé il y a deux mois . Normalement, après délibération les juges ont 30 jours pour sortir la décision de la cour selon un professionnel de la loi.
Une source à la prison de Bururi dit avoir dénombré également 13 détenus dont les dossiers ont été analysés par la chambre de conseil sans que les concernés soient informés alors que le code de procédure pénal stipule que le détenu doit être mis au courant de la décision dans 48 heures.
Quatre autres occupants viennent de passer entre deux et trois mois sans être présentés à un juge pour statuer sur leur maintien en détention ou non au moment où cinq prisonniers n’ont pas été libérés même s’ils ont été acquittés.
Des sources judiciaires contactées disent que la plupart des détenus de la prison de Bururi sont victimes de la lenteur des juges et des magistrats dans le traitement de leurs dossiers. En date du 26 février 2021 , la situation carcérale de la prison de Bururi était de 354 détenus dont 190 prévenus et 164 condamnés.
Le cas de Bururi n’est pas isolé. Plusieurs détenus dans des cachots des commissariats de police, des parquets et dans les prisons peuvent passer des mois sans être présentés à un officier de police judiciaire ou un magistrat.
Beaucoup de prisonniers peinent également à recevoir le billet d’élargissement pour qu’ils puissent jouir de leur liberté.
Dans certaines prisons, des responsables pénitentiaires disent manquer des moyens pour transporter les détenus de la maison d’arrêt aux cours.
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Photo : province Bururi
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