Gitega : la justice a décidé le maintien en détention d’un homme qui a des troubles mentaux
Six jours après sa comparution devant la chambre de conseil du tribunal de Gitega, les juges ont décidé hier après-midi de maintenir en détention Emmanuel Ntakiyiruta. La cinquantaine, l’homme qui présente des troubles mentaux depuis plus de dix ans comme l’atteste une expertise médicale est détenu à la prison centrale de Gitega (capitale économique) pour sa sympathie aux putschistes. Il a été interpellé le 4 mars dernier. (SOS Médias Burundi)
La famille et l’avocat qui défend M.Ntakiyiruta disent avoir été surpris par la décision du tribunal de grande instance de Gitega. « Il devrait plutôt être libéré.Son dossier est vide de matière », a réagi Maître Didier Sabokwigura.
Il s’indigne que la mesure prise viole la loi. Jusqu’à ce mercredi après-midi, elle n’avait encore été communiqué ni au prévenu ni à la défense. Or, selon le code de procédure pénal en vigueur au Burundi, les juges doivent se prononcer sur le maintien ou non en détention d’un prévenu dans un délai ne dépassant pas 48 h à compter du jour de la séance. Celle concernant le cas Ntakiyiruta a eu lieu jeudi de la semaine dernière.
Dans la capitale politique, l’affaire est beaucoup commentée. Des habitants disent qu’il est inconcevable qu’un homme qui a des troubles mentaux et dont la situation est connue par un centre spécialisé en la matière puisse rester en détention.
Des observateurs à Gitega n’hésitent pas à dénoncer « une affaire aux allures politico-etniques ». Le concerné est un Tutsi originaire de la province de Bururi (Sud du Burundi) qui, lors de ses crises ne cesse de revenir sur les méfaits de l’ancienne rébellion hutue, le CNDD-FDD devenue parti présidentiel en 2005.
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Photo : Emmanuel Ntakiyiruta /DR
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