Attaques à la grenade dans Bujumbura : au moins quatre morts, des dizaines de blessés (sources médicales)
La majorité des personnes blessées hier soir lors d’une vague d’attaques à la grenade dans la capitale économique Bujumbura ont été prises en charge à l’hôpital Prince Régent Charles, zone de Buyenzi (centre de la ville). Des sources médicales avancent un bilan de quatre morts. (SOS Médias Burundi)
L’hôpital a reçu plus de 80 blessés hier soir, selon des sources locales et médicales. « Ils ont été contraints d’accueillir les blessés dans des tentes aménagées qui servent habituellement aux tests du Covid-19. Les tentes ont été rapidement remplies, les blessés légèrement atteints sont restés à l’extérieur », a constaté ce matin un reporter de SOS Médias Burundi. Tandis que cinq personnes grièvement blessées se trouvaient en salle d’urgence, d’après nos informations.
Des morts
D’après une infirmière associée à l’établissement sanitaire, quatre personnes sont décédées des suites de leurs blessures. « Il y a eu quatre morts. Deux personnes sont arrivées dans un état très critique et deux autres étaient déjà mortes lors de l’évacuation », a-t-elle détaillé à SOS Médias Burundi sous couvert d’anonymat.
Parmi les blessés figurent des enfants, ont constaté nos reporters. Hier soir, la police a avancé un bilan de deux morts. Dans un tweet sur son compte officiel, elle a mentionné le terme « terrorisme » tout comme le parti au pouvoir, le CNDD-FDD qui exige que les auteurs soient punis conformément à la loi.
Des attaques simultanées
Selon des informations que nous n’avons pas pu vérifier, au moins quatre personnes ont été tuées sur le seul parking du marché de Cotebu (nord de Bujumbura). « Il s’agit de deux rabatteurs, d’une femme et de l’homme qui a fait exploser la grenade. Ce dernier a été abattu par la police alors qu’il avait encore sur lui cinq autres engins explosifs », raconte une habitante de Bujumbura.
La police (PNB) parle d’un mort dans une autre attaque à proximité de l’ancien « Marché Central » et d’une autre personne décédée lors de son transfert à l’hôpital. « Un des terroristes blessé par sa grenade a été arrêté », souligne le tweet de la police.
Travail compliqué pour les journalistes
Les hôpitaux où ont été pris en charges les blessés se sont organisés pour bloquer leurs accès et par la même occasion, les visites. Les responsables sanitaires se sont aussi gardés de tout commentaire.
Hier soir, des confrères de Radio Isanganiro dont les bureaux sont situés dans le centre-ville où deux explosions ont eu lieu ont été empêchés de faire leur travail, des policiers s’y étant opposés.
Censure
« Plusieurs rédactions de Bujumbura se sont censurées ce matin. Elles ont préféré ne pas pousser loin pour obtenir des détails sur ces attaques. C’est quasiment impossible de faire ce travail, pourtant vital », déplore un journaliste local.
Évariste Ndayishimiye réagit sur Twitter
Ndababajwe n'abacipfuza gusubiza inyuma Uburundi babicishije mw'iterabwoba. Ariko bamenye ko ata kibanza bafise. Ndahojeje imiryango yabuze abayo kubera ubwo bubegito. Ndipfurije abakomeretse gukira. Ndasavye Abarundi bose bagume bafatanye mu nda, ubumwe ni bwo ntsinzi yacu.
— SE Evariste Ndayishimiye (@GeneralNeva) May 26, 2021
« Je suis consterné de voir qu’il y en a encore des gens qui veulent faire reculer le Burundi par le terrorisme. Ils doivent savoir qu’ils n’ont aucunement leur place. Je pense aux familles endeuillées par cette barbarie. Je souhaite un prompt rétablissement aux blessés. Et je demande aux Burundais de rester unis. L’unité est notre victoire », a-t-il écrit en kirundi (langue nationale).
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Photo : parking de bus de transport desservant le sud de la capitale économique Bujumbura
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