Photo de la semaine- Burundi : le patron du CNDD-FDD a réaffirmé sa position de tuer les fauteurs de trouble
Selon le secrétaire général du parti CNDD-FDD tout perturbateur de la sécurité doit être tué. Il l’a dit lors de la récente prière que son parti organise tous les derniers jeudis. (SOS Médias Burundi)
Le secrétaire général du parti au pouvoir est d’abord revenu sur les propos qu’il a tenus en 2015 quand il appelait, dans un langage codé, les forces de l’ordre et les jeunes Imbonerakure à « travailler » pour anéantir les manifestants.
Une fois de plus, M.Ndikuriyo a voulu se dédouaner pour s’expliquer qu’il n’a pas appelé à l’élimination des opposants. « Les blancs ont mené des enquêtes contre moi. Ils m’accusaient d’avoir fait un appel pour tuer les gens, quand je disais qu’il faut plutôt « travailler (Gukora) pour rétablir l’ordre. Je pense qu’ils ont même commandité une enquête internationale. Il y a même des prêtres qui m’ont approché pour me demander si j’ai fait un appel au massacre »,a-t-il annoncé ce jeudi dans une prière du parti présidentiel organisée à la permanence nationale du CNDD-FDD.
Réverien Ndikuriyo dit que ses propos ont été mal interprétés, avant d’éclaircir sa position sur ceux qu’il qualifie de perturbateurs de la sécurité, toujours dans des termes plus ou moins clairs. « Si tu perturbes l’ordre, il faut te « conjuguer », c’est protéger sa patrie et ce n’est pas mal. Imaginez quelqu’un qui ose trouver dans un pays de 12 millions d’habitants et se permet de perturber l’ordre (kuvyonga selon le jardon du parti CNDD-FDD). Souvenez-vous-même quand ils sont allés appréhender Jésus. Un de ses disciples s’est défendu en coupant l’oreille de l’un des militaires. C’est Jésus qui a calmé la situation parce qu’il est Dieu. Le pays doit être protégé », a-t-il vanté.
Pour Réverien Ndikuriyo, les forces de l’ordre doivent protéger le pays et ses habitants, donc tout perturbateur qui s’invite doit être éliminé.
Mi avril 2020, la police est intervenue au domicile de Pascal Ninganza (Kaburimbo), un retraité ex-Fab (Ancienne armée burundaise avant l’intégration des mouvements armés Hutus) sur la colline de Rubanga, zone et commune de Matana (province de Bururi,sud du Burundi). La police a ordonné et supervisé l’inhumation de cet homme et deux autres tués avec lui . Sur Twitter, la police burundaise avait parlé du « démantèlement d’une bande de criminels »
En septembre 2019, alors président du sénat, Réverien Ndikuriyo avait mis à prix la tête de Kaburimbo. Dans un enregistrement audio, il avait avoué avoir promis une récompense de cinq millions de FBU (environ 2 500 dollars).
« Il faut comprendre qu’une seule personne ne peut se permettre de perturber la sécurité de toute une population. Elle doit être éliminée. Ensuite, il nous reste à demander à Dieu s’il s’agit d’un péché quand on protège ses brebis. Pour des questions de sécurité nationale, il faut être prêt à tout », avait-il lancé.
Les forces de l’ordre soupçonnaient cet ancien militaire de loger des rebelles et de dispenser un entraînement militaire à des « insurgés » dans la localité.
Matana figure parmi les rares zones rurales où l’on a manifesté contre un autre mandat controversé de feu président Nkurunziza en 2015.
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Photo/DR : le secrétaire général du Rwanda lors de la prière du 24 février 2022
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