Bujumbura : une coalition des syndicats d’enseignants demande le retour de l’ancien système éducatif

Bujumbura : une coalition des syndicats d’enseignants demande le retour de l’ancien système éducatif

Lors des états généraux sur l’éducation, la Cossessona (Coalition spéciale des syndicats pour la solidarité nationale) estime que des réformes mal pensées seraient à l’origine de la chute de la qualité de l’enseignement. Elle demande au gouvernement de revenir à l’ancien système pour sauver le système éducatif. Il s’agit notamment de l’abandon de l’école fondamentale et du retour du concours national de sixième année primaire. (SOS Médias Burundi)

Selon le président de la coalition Cossessona, des réformes du système éducatif burundais poursuivies depuis 2014 ont entrainé la chute de la qualité de l’enseignement au Burundi.

Victor Ndabaniwe a indiqué que ces réformes ont abouti à l’ abandon du concours national en sixième année. Il s’agit également de la suppression du programme de la classe de dixième année secondaire et du test national donnant accès au cycle supérieur de l’enseignement secondaire.

Cette réforme a comme conséquences la démotivation des enseignants et écoliers de la sixième qui estiment qu’il ne vaut plus la peine de fournir plus d’efforts puisque le passage de la sixième à la septième n’est plus conditionné par un concours.

Les syndicats des enseignants proposent au gouvernement d’initier une réforme du système éducatif bien pensée mais aussi de rétablir le concours national de la classe de sixième année primaire et le test de dixième. Ils lui suggèrent également de restaurer les programmes de sixième et dixième année qui ont été absorbés par l’introduction de l’école fondamentale.

La coalition Cossessona propose aussi que le gouvernement recrute les enseignants en quantité suffisante tout en mettant à leur disposition plus d’outils pédagogiques adaptés.

« Il faut professionnaliser la carrière enseignante par la mise en place des instituts spécialisés dans la pédagogie depuis l’école maternelle jusqu’au niveau secondaire dans chaque province. Il s’agit aussi de mettre en place des critères objectifs dans la nomination des responsables scolaires en charge de la gestion des écoles ».

Selon M. Ndabaniwe « la gestion des écoles revêt un caractère technique mais pas politique ».

Certains enseignants contactés disent que sur terrain, les directeurs d’écoles sont désignés en fonction de leur rôle au sein du parti CNDD-FDD mais non pas en fonction des compétences. Les militants des partis politiques d’ opposition étant exclus dans la gestion d’écoles.

« Dans la province de Rumonge (sud-ouest du Burundi) par exemple, les conséquences de la politisation du système éducatif paralysent l’enseignement. Dans certaines écoles, des directeurs enseignent l’ idéologie du parti CNDD-FDD dans les classes. Ils élisent les comités du parti au pouvoir dans les classes. Ils n’hésitent pas à recruter de force et publiquement les élèves pour adhérer à la ligue des jeunes Imbonerakure. Cette province se distingue toujours par sa dernière place dans les tests et concours nationaux », explique un enseignant.

Monseigneur Simon Ntamwana qui a participé dans ces états généraux sur l’éducation pour le compte de l’église catholique , a quant à lui plaidé pour la revalorisation des langues.

L’ enseignement du français a perdu sa qualité et sa valeur. Le français qui était un cours principal dans l’ ancien système a été dévalorisé jusqu’à devenir un cours facultatif alors qu’il reste la langue d’ enseignement au Burundi.

Les intervenants se sont relayés pour demander au gouvernement de se ressaisir et revenir à certains atouts de l’ancien système éducatif burundais.

Ces assises sur les états généraux de l’éducation au Burundi se tiennent dans la capitale économique Bujumbura depuis le 14 juin et se clôtureront ce jeudi.

En 2014, un tel évènement avait été organisé mais les décisions prises n’ont jamais été mises en application, selon la Cossesona qui exige « la mise en place d’une commission indépendante en charge du suivi de la mise en application des conventions issues de ces états généraux ».

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Photo : les participants aux États Généraux de l’éducation le 14 juin 2022

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