Muyinga : deux militants du CNL molestés par des Imbonerakure
Une tension règne entre les Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du parti CNDD-FDD) et les militants du CNL en commune de Gashoho dans la province de Muyinga (nord-est du Burundi). Des Imbonerakure s’en sont pris à deux militants du CNL le13 août dernier. Les victimes ont subi des coups et blessures. Elles ont été d’abord admises au centre de santé de Gashoho avant d’être transférées à l’hôpital de province. Des bagarres risquent de se multiplier dans la zone si la justice n’agit pas. (SOS Médias Burundi)
Ce jour-là il était prévu une reunion du comité communal du parti CNL qui devait se faire à la permanence de ce parti située sur la colline de Gisanze dans la zone et commune de Gashoho.
« Nous avons vu deux motos venir à grande vitesse à bord desquelles se trouvaient trois imbonerakure à savoir Ernest Cishatse alias Petit , responsable des Imbonerakure en commune de Gashoho, Fulgence Mfuranzima, responsable des Imbonerakure sur la colline de Gisanze et Rugerinyange, responsable des Imbonerakure de la colline de Muruta. Ils ont embarqué deux de nos jeunes Inyankamugayo (appellation des membres du CNL): Jean Nzisabira et Léopold Barera. Ils ont été conduits à la permanence du CNDD-FDD en commune de Gashoho où ils ont été torturés », ont expliqué des militants du CNL qui ont assisté au kidnapping de leurs camarades sans pouvoir intervenir.
« Ils ont été frappés. Le bras droit de Jean Nzisabira a été fracturé. Son ami a été gravement frappé dans tous les côtés », a indiqué un opposant.
D’autres sources signalent que les deux victimes ont essayé de se défendre sans succès. Des Imbonerakure étaient très nombreux à la permanence.
« Nous allons vous corriger. Vous êtes devenus sourds. Appelez Agathon Rwasa (leader national du CNL) pour qu’il puisse vous libérer. Lui aussi subira le même sort », a avoué un militant du CNDD-FDD.
Les témoins sur place indiquent que les victimes de cette violence ont été acheminées au centre de santé de Gashoho dans l’après-midi de samedi. À la tombée de la nuit, elles ont été transférées à l’hôpital de Muyinga pour y recevoir les soins. Ils y ont séjourné pendant trois jours.
Leurs familles demandent à la justice d « ‘appréhender les malfaiteurs et de les sanctionner conformément à la loi ».
Des militants du CNL jurent qu’ils doivent venger leurs frères de lutte. « Pendant la nuit personne ne peut circuler seul. Nous sommes obligés de nous munir des moyens de défense car nous avons tous peur », raconte un jeune du CNL qui dit que les membres d’autres partis politiques sont écartés dans les rondes nocturnes organisées dans le cadre des comités mixtes de sécurité sur tout le territoire burundais.
Les autorités policière, judiciaire et administrative locales n’ont pas encore réagi à cette affaire.
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Photo : la province de Muyinga
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