Nyarugusu (Tanzanie) : le PAM a distribué des haricots inconsommables aux réfugiés
Fin octobre dernier, le PAM (Programme alimentaire mondial) a distribué des haricots de mauvaise qualité au camp de Nyarugusu en Tanzanie. Les réfugiés ont saisi le HCR et l’administration du camp. Une commission rogatoire a été mise en place. Les conclusions sont accablantes: les haricots distribués sont «inconsommables ». (SOS Médias Burundi)
Ce sont les Congolais qui ont reçu en premier ces haricots distribués en même temps avec du riz et des grains de maïs. Le soir du jour de la distribution, toutes les familles ont grogné.
« Nous avons reçu des haricots qui ne peuvent pas être cuits! », se révoltaient-ils.
Le lendemain, des marmites et casseroles remplies de ces « haricots » sont portées devant les bureaux du HCR et de l’administration du camp. La situation se calme vite.
Deux semaines après, le tour des Burundais arrive, mais ces derniers refusent de recevoir l’assistance.
« Nous avons refusé ces haricots car ils sont immangeables », ont-ils réagi.
Fin novembre, une commission rogatoire a été mise en place. Elle comprend le président du camp, des représentants des réfugiés, du HCR, du PAM et du ministère de l’intérieur tanzanien qui est en charge de la gestion des réfugiés et demandeurs d’asile.
« Un endroit a été bien aménagé avec de grandes marmites en acier. L’on a utilisé plusieurs troncs d’arbres comme bois de chauffage pour faire cuire 10kg de haricot dans chaque marmite. Le constat fut qu’aucun grain de haricot n’a été cuit pendant plus de 6h », rapportent des membres de la commission qui ont tiré pour conclusion que ces haricots ne sont pas mangeables.
Le PAM sommé de vider le stock
« Vu la quantité de bois de chauffage que chaque réfugié reçoit, vu que ces haricots prennent beaucoup de temps pour être cuits partiellement, vous êtes priés de changer cette variété de haricot et emmener une autre de bonne qualité. Et vider le stock le plus rapidement possible », a recommandé au PAM, la commission rogatoire.
Refus d’obtempérer
Trois semaines après, les réfugiés constatent que le stock n’est pas encore changé.
Ils surveillent ce stock matin , midi et soir et disent qu ‘ »aucun sac n’a été déplacé et que nous craignons que le même produit soit mis dans la prochaine livraison ».
Ils demandent au HCR et au ministère de l’intérieur tanzanien d’agir.
Pour le moment, un bras de fer semble s’installer entre les gestionnaires de réfugiés à savoir les humanitaires d’un côté et le gouvernement de l’autre.
Recours aux feuilles de patates douces
Dans l’entre- temps, pour essayer de compléter la ration alimentaire, les réfugiés préfèrent manger des feuilles de patates douces.
« C’est la première fois que je mange ces légumes. Mais comme je ne peux pas manger la pâte de maïs seule, je n’ai pas de choix. Et d’ailleurs, ces légumes sont plus vendues au marché maintenant », explique un réfugié burundais, père de huit enfants.
Plus de 120 mille réfugiés burundais et congolais du camp de Nyarugusu demandent aux organes habilités de « trouver une solution à ce problème qui vient de perdurer ».
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Photo d’illustration : une réfugiée burundaise dans un champ en Tanzanie pour récolter des vivres lui permettant de compléter la ration alimentaire
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