Burundi : la condamnation de Floriane Irangabiye est une violation du droit à la liberté d’expression (Acat-Burundi)
La condamnation d’une peine de dix ans de prison et d’une amende d’un million de francs burundais est une violation du droit à la liberté d’expression reconnu par les normes internationales relatives aux droits humains, notamment l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et Politiques, a réagi Maître Armel Niyongere, président de l’Acat-Burundi. Il estime que le procès de Floriane Irangabiye ternit l’image du Burundi. (SOS Médias Burundi)
Après avoir appris la condamnation de la collaboratrice de la radio Igicaniro, le président de l’Action chrétienne pour l’abolition de la torture (Acat-Burundi) a partagé quelques observations à SOS Médias Burundi.
« [..]Toute personne a droit à la liberté d’expression; ce droit comprend la liberté de rechercher, de de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce », trouve-t-il.
« En effet, les journalistes ne doivent pas être réduits au silence par l’intimidation parce qu’ils contribuent au bon fonctionnement du gouvernement », poursuit Maître Niyongere.
Pour le président de l’Acat-Burundi, « l’emprisonnement de la journaliste Floriane Irangabiye ternit l’image du Burundi et cela montre que le Burundi reste un environnement difficile pour les journalistes ».
Les autorités burundaises doivent immédiatement abandonner toutes les charges retenues contre cette journaliste et la libérer sans condition, suggère-t-il.
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Pour Arsène Bitabuzi, collègue de Floriane Irangabiye, « notre consœur est victime de ses opinions ».
« Il est regrettable que des gens soient victimes de leurs opinions dans un pays qui dit reconnaître le droit d’expression. Mais cela ne nous surprend pas car la justice burundaise est instrumentalisée par le pouvoir CNDD-FDD », explique le journaliste Bitabuzi qui pense que « cette condamnation peut pousser plusieurs Burundais qui ont fui leur pays à avoir peur de rentrer ».
Des sources proches du dossier ont dit à SOS Médias Burundi que « les juges ont condamné Floriane sur base d’un procès verbal confectionné par le SNR (Service national de renseignements) reconnaissant qu’elle a avoué les faits qui lui sont reprochés ».
Elles ajoutent qu’il s’agit de « mensonge car ils ont imité sa signature ».
Le procureur général de la République Sylvestre Nyandwi nous a brièvement dit que « nous sommes prêts à les affronter s’ils interjettent appel ».
Et de conclure « Le tribunal n’a pas été convaincu par les dires des avocats. C’est pourquoi il a statué sur base de ce procès verbal. Ils n’ont pas pu démontrer que ce n’est pas vrai ».
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