Cibitoke : recrudescence de cas de viol sur mineures

Cibitoke : recrudescence de cas de viol sur mineures

Une flambée des cas de viol sur petites filles de moins de 18 ans dans différentes communes de la province de Cibitoke (nord-ouest du Burundi) s’observe ces derniers jours. Au moins une dizaine de mineures ont été violées en deux mois seulement. Les défenseurs des droits de l’enfant indiquent que l’impunité du système judiciaire favorise cette augmentation des cas de viol. (SOS Médias Burundi)

Selon des informations fournies par les défenseurs des droits de l’enfant à Cibitoke, trois petites filles de huit ans ont été violées dans les communes de Mabayi et de Rugombo.

Six autres mineures ont été violées dans les communes de Bukinanyana et de Murwi.

Une source locale indique que les auteurs de ces crimes sont souvent des membres du parti au pouvoir. Ils bénéficient de la protection des responsables locaux du CNDD-FDD.

Une source de la commune de Rugombo fait état d’un cas le plus récent. Celui d’un infirmier et en même temps membre du parti CNDD-FDD pris en flagrant délit de viol sur mineure de 14 ans dans un hôtel il y a de cela une semaine.

« Il a déjà violé plusieurs enfants au vu et au su de tout le monde », regrette amèrement un défenseur des droits de l’Homme basé dans la région.

Une source policière avoue que « les auteurs de ces crimes ne sont pas dans l’ensemble inquiétés, arrêtés et poursuivis par les instances habilitées ».

Dans la commune de Mabayi, une seule personne est pour le moment détenue au cachot du commissariat de la police de Cibitoke pour ce fait. Deux autres se sont évadées avec la complicité des éléments de la police.

Une source judiciaire observe qu’également dans les communes de Murwi et de Bukinanyana, les auteurs de viols ne sont pas inquiétés après avoir commis le crime.

Un magistrat du tribunal de grande instance de Cibitoke affirme qu’une seule personne accusée de viol avec ruse et violence a écopé d’une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme dans un procès de flagrance au début de ce mois. Il dit qu’une autre personne est pour le moment en détention provisoire au commissariat provincial de la police à Cibitoke.

« On oublie que ces enfants violés constituent l’avenir du pays et qu’ils peuvent avoir des parents affiliés au parti au pouvoir aussi », estime un octogénaire rencontré au chef-lieu de la province de Cibitoke.

« Des cas d’arrangement à l’amiable facilités par les administratifs à la base sont régulièrement rapportés sur différentes collines de la province », indiquent des habitants.

« Des membres du corps judiciaire reçoivent des pots de vin dans ces affaires liées au viol. Les parents des victimes sont souvent intimidés dans l’optique de les décourager dans leurs poursuites », regrette un défenseur des droits humains.

Contacté, un juge du palais de justice à Cibitoke a nié toutes ses allégations.

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Photo : le centre de santé de Rugombo en province de Cibitoke

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