LES RÊVES DE BAREGEYA : Devise cette chimère au royaume de Neva
Alors que différents décideurs ne cessent de clamer haut et fort que le pays est riche en sous-sol et en ressources naturelles, les devises font défaut dans le pays. Malgré le climat un peu digeste du point de vue diplomatique, la banque centrale a toujours soif de l’appui budgétaire. Ceci pousse Baregeya à rêver. (Par Mahoro/SOS Médias Burundi).
Oh ! Mon Dieu ! Ces usines à matelas n’ont plus de clients ! Des monnaies étrangères, essentiellement les livres sterling, les euros et les dollars servent de housses pour les matelas. Wow !
Quel paradis ! Il est beau de s’endormir dans des maisons pleines de devises, les portes ouvertes, parce qu’il n’y a pas de bandits. Personne n’a besoin de voler dans un pays où la bouche ne manque de rien (à manger, à boire et des mots doux) et les poches pleines de devises, sans oublier les greniers pleins du franc burundais qui rivalise en valeur avec le billet vert. Je suis au Burundi, la superpuissance.
Par ailleurs, je me demande pourquoi il n’y a pas de sommet Burundi-Europe, Burundi-Amérique du nord, Burundi-Asie, etc. Je ne mentionne pas Burundi-Afrique, parce que le pauvre continent vit du Burundi.
Burundi, tu dis ?
Il faut trembler quand tu parles de la « supermégapuissance », le « microgéant », pays spécial, avec des décideurs spéciaux. Le verbe du président, même à l’infinitif s’entend au présent et à l’éternité : « que chaque poche ait de l’argent, que chaque bouche ait à manger ». Et d’ailleurs, c’est un président qui prie beaucoup, vaillant dans le développement « umuhizi mw’iterambere ».
Le « saint esprit » est avec lui. Il voit ce que nous tous ne voyons pas. Il s’attèle aux travaux de développement et a invité les Burundais à faire l’austérité. Vous ne voyez pas qu’il se sacrifie quand vous voyez son cortège passer ? Combien de véhicules ?
Bin…oui. Mes amis, même la garde-robe de la première dame le témoigne. Qui dit le contraire ? Allez demander à la marque Gucci, s’il vous plaît. C’est ça l’austérité, cette austérité qui nous a conduit à ce développement. Bravo cher Neva.
Rien d’étonnant, à côté de ces mesures, ceux qui ont dilapidé les biens du pays les remettent. Eh oui ! Même l’argent perdu au barrage de Mpanda, on n’a pas réclamé car on n’a plus besoin de ces milliards. Ne touchez même pas à l’ancien ministre, honorable député. Le président a sa magie dont lui seul connaît le code, par des mots abracadabrantesques. C’est une tactique propre à lui, et à lui seul.
Entre autres mesures figurent la vente des minerais par la banque centrale qui manque de place pour conserver ses devises. Eh ! Des imprimeurs font la queue à la BRB pour aller recycler les billets verts dans les papeteries, à défaut d’en incinérer la bonne partie. C’est ça le Burundi, le paradis que le CNDD-FDD a transformé. Petit pays vous-dites ?
Venez voir. C’est une puissance militaire qui montre ses muscles à l’ONU via la MINUSCA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique) et à l’UA au sein de l’ATMIS (Mission de transition de l’Union africaine en Somalie). Le monde entier a peur de cette redoutable armée dont la présence à l’étranger nous amène un tsunami de devises qui sont déjà en surplus.
Rêve et tais-toi !
Finalement je rêvais ! Je suis malheureux. Ma joie s’en va si vite. Mon paradis se transforme en océan de malheurs ! Je me réveille sans eau ni courant électrique. Je n’ai pas de francs burundais pour acheter de quoi mettre sous la dent pour mes enfants. Bonjour à toute sorte de mal.
Mon rêve est fondé d’ailleurs. Le président dit que chaque bouche va avoir à manger et chaque poche aura de l’argent.

Mon rêve est fondé car depuis des mois, il y a eu négociations et la levée des sanctions prises à l’encontre du Burundi par l’UE et les USA. L’appui budgétaire devrait s’en suivre.
Mon rêve est légitime, car mon président parcourt le monde entier sans gaspiller les biens du pays « car sans jet présidentiel », je crois.
Mon rêve se base sur toutes ces déclarations de nos dirigeants. Par ailleurs, selon eux, le pays existe depuis que le parti de l’aigle est au pouvoir, depuis 2005, mais…je dirais que c’est l’ivresse du pouvoir.
Quand ils sont venus en 2005, le taux de change avait quadruplé en moins de 15 ans. Leurs poches sont remplies et leurs bouches mangent et boivent ….
Bienvenue au pays le plus pauvre du monde. Bienvenue au Burundi, où la qualité de l’enseignement est combattue depuis la présidence car le président ne veut pas de docteurs, d’ingénieurs… « qui n’apportent rien au pays ». Bienvenue au Pays où le président de l’Assemblée nationale crache du venin sur les importateurs de différents articles, le pays où le patron du parti au pouvoir préfère les termites aux maths, un pays où le président du sénat invite la population à ne pas connaître ni parler la langue d’enseignement, le français…
Nous devons le salut au défilé militaire par les civils.
On aura tout vu!
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