Burundi-Élections: la campagne débute dans un contexte de répression, selon Human Rights Watch
Dans un rapport sorti ce 27 avril, Human Rights Watch indique que les autorités burundaises et les membres du parti au pouvoir ont recours à la peur et à la répression contre l’opposition politique et les derniers médias et groupes indépendants à l’approche des élections générales dans le pays. ( SOS Médias Burundi)
L’organisation rappelle que « l’impunité prévaut pour les autorités locales, les forces de sécurité et les membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure ».
Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique Centrale à Human Rights Watch considère que les jeunes Imbonerakure ont augmenté leur pouvoir jusqu’à devenir plus forts que la police. « Ils sont capables d’arrêter les gens arbitrairement, les tabasser et parfois ils ont même commis des actes de meurtre. Ce n’est pas quelque chose d’étonnant. Ça fait plusieurs années que Human Rights Watch documente des abus commis par des Imbonerakure, moi-même j’ai fait ma première tranche de recherche sur le Burundi en 2011 à Kanyosha et j’ai documenté plusieurs cas d’abus, de tueries commis par des Imbonerakure contre les FNL », a-t-il confié à SOS Médias Burundi dans une interview tout en insistant « qu’en dehors de Bujumbura les vrais dirigeants sur les collines sont les jeunes liés au parti au pouvoir ».
Human Rights Watch estime aussi qu’il y a risque que la situation dégénère au cours des prochaines semaines. « Au Burundi, les périodes électorales sont sensibles depuis les années 90. C’est quelque chose que l’on a documenté pour Human Rights Watch en 2010, en 2015 et avec le référendum aussi et ce que nous sommes entrain de documenter maintenant » poursuit M. Mudge.
Il ajoute que le CNDD-FDD veut gagner à tout prix les élections afin d’avoir la majorité au parlement et diriger le gouvernement d’où il s’appuie sur sa jeunesse pour réprimer l’opposition.
Le directeur de l’Afrique centrale à Human Rights Watch trouve aussi que le Burundi s’isole de plus en plus. Il donne les exemples de la fermeture de l’Office des droits de l’homme des Nations-Unies et sa sortie de la CPI.
Toutefois il ne désespère pas. « Human Rights Watch et les autres chercheurs continueront de documenter des abus et demander la fin de cette impunité et exiger d’établir les responsabilités pour les abus commis par les acteurs de l’État et du parti au pouvoir. Comme on voit dans dans d’autres contextes, le changement est bien. Regarde le cas de l’Éthiopie, il y a quelques années on ne pouvait pas imaginer que l’Éthiopie allait avoir un espace démocratique mais voilà on est là maintenant », a conclu Lewis Mudge.
Human Rights Watch figure parmi les organisations internationales accusées par Gitega de collaborer avec ses ennemis pour aboutir « à un changement de régime ».
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Image d’illustration: un agent de la CENI( Commission Électorale Nationale Indépendante) à Bujumbura, en 2015
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