Cibitoke : surpopulation au cachot du commissariat de province
Plus d’une centaine de détenus, y compris des mineurs, sont logés au cachot du commissariat de police de la province Cibitoke (nord-ouest du Burundi) pour une capacité d’accueil de 40 détenus. Des défenseurs locaux des droits humains demandent que leurs dossiers soient traités dans les meilleurs délais et que ces détenus soient acquittés ou transférés en prison. (SOS Médias Burundi)
Plusieurs détenus en provenance des six communes de cette province sont gardés au cachot du commissariat de police se trouvant à moins de 200 mètres des bureaux du gouverneur de Cibitoke.
Des témoins indiquent que ces détenus dorment à tour de rôle par manque de places.
Une source policière rencontrée sur place précise que le cachot compte 111 détenus alors que sa capacité d’acceuil est de 40 personnes. « Nous ne sommes pas traités comme des humains. Nous sommes entassés comme des Ndagala (poissons) et c’est le terrain de jeux des maladies contagieuses comme le Covid-19 qui fait rage ces derniers temps », déplore un détenu qui vient de passer cinq mois dans ce cachot.
Il indique que parmi les locataires du cachot du commissariat de police à Cibitoke figurent des prévenus poursuis pour vol qualifié, d’abus de confiance, de viol. Il estime que pour la plupart, il n’est pas nécessaire de les mettre en détention.
Des défenseurs des droits de l’homme oeuvrant dans la province se disent inquiets que parmi ces détenus, il y ait 10 mineurs incarcérés dans la même cellule avec les adultes.
Autre fait observé par notre reporter, la police en collaboration avec un des chefs de détenus collectent de l’argent communément appelé frais de bougie d’une valeur de 50 mille francs burundais. Les policiers se partagent une partie de cette somme.
« Tu dois donner mille francs au policier qui est de garde ce jour si tu viens rendre visite à un détenu. Si tu dépasses 30 minutes avec lui, tu paies un autre billet de mille francs », raconte un proche d’un détenu.
Un détenu qui vient de passer plusieurs jours dans le cachot sans être présenté à un juge demande au parquet de Cibitoke de procéder à des transferts vers la prison. « Sinon nous risquons de mourir de faim ici », deplore-t-il.
Des défenseurs locaux de droits humains dénonçent des détentions abusives avec la complicité des membres du parti CNDD-FDD. Ils déplorent aussi le dépassement des délais de garde à vue.
Contacté, le procureur de la République à Cibitoke confirme l’information faisant état de la surpopulation carcérale. Jean-Marie Bigirindavyi avance un problème de manque de véhicule et de carburant pour assurer le transfert des détenus vers la prison. Il lance un appel à l’aide.
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Photo : la province de Cibitoke
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