Kigali : le Rwanda accuse la RDC d’avoir failli à sa responsabilité de protéger les Tutsis congolais, ce qui déstabilise la région des Grands-Lacs d’Afrique
Dans un communiqué sorti ce 18 février 2024, le gouvernement rwandais par le biais du ministère en charge des affaires étrangères s’est dit « profondément préoccupé par l’abandon des processus de Luanda et de Nairobi par le gouvernement de la RDC ».Il accuse les autorités congolaises et leur gouvernement « d’avoir failli à leur responsabilité et mission de protéger les Tutsis congolais ». Une situation qui a exposé l’ensemble de la région des Grands-Lacs d’Afrique à l’instabilité, selon le Rwanda. (SOS Médias Burundi)
Dans ce document, le ministère rwandais en charge des affaires étrangères parle aussi d’indifférence de la communauté internationale devant le renforcement militaire considérable de la RDC.
Collaboration entre les FDLR et FARDC
D’après le Rwanda, la RDC a lancé des opération de combat massives au Nord-Kivu, en violation des décisions des mécanismes régionaux, qui visent clairement à expulser le M23 et les civils Tutsis congolais vers les pays voisins, travaillant de concert avec les FDLR, une milice d’origine rwandaise directement liée au génocide perpétré contre les Tutsis au Rwanda en 1994.
« Le soutien de la RDC aux FDLR relève de la politique de l’État et non du choix d’acteurs individuels. Mettre fin au soutien de l’État congolais aux FDLR et assurer leur démobilisation et leur rapatriement au Rwanda est une exigence non négociable pour protéger l’intégrité territoriale du Rwanda […] », avertit le Rwanda qui confirme « se réserver le droit de prendre toutes les mesures légitimes pour se défendre tant que cette menace existe ».
« Les récentes avancées du M23 découlent directement de la décision de la RDC d’expulser, en décembre 2023, la force régionale de l’EAC qui supervisait les efforts de cessez-le-feu et de retrait », charge le communiqué.
Les Tutsis congolais laissés à leur sort
La protection des droits et des vies des Tutsis congolais relève de la responsabilité de la RDC. Son incapacité constante à le faire a exposé l’ensemble de la région des Grands-Lacs d’Afrique à trente années de conflit et d’instabilité, poursuit le communiqué.
« Des centaines de milliers de Tutsis congolais ont vécu comme réfugiés en Afrique de l’est depuis des décennies, oubliés de tous. Sous l’administration du président Félix Tshisekedi, les discours de haine et le tribalisme sont devenus une monnaie d’échange de la politique congolaise, et la discrimination ethnique ainsi que les arrestations et les tueries ciblées sont courantes. Les FDLR sont pleinement intégrés dans les FARDC (Forces Armées de la République démocratique du Congo) …. », enfonce le document.
Le Rwanda affirme que sa sécurité nationale est sérieusement menacée et plaide pour une résolution politique de la question du M23 » par les Congolais eux-mêmes ».
« Le Rwanda est catégoriquement opposé à toute nouvelle tentative d’externalisation forcée de ce problème sur son territoire ».
Assurance et défense
Le gouvernement rwandais rappelle que les dirigeants politiques et militaires congolais, y compris le président Félix Tshisekedi ont déclaré, à plusieurs reprises, leur intention d’envahir le Rwanda et de changer son gouvernement par la force.
« Le Rwanda les prend au mot, et a adapté sa position en conséquence, notamment via des mesures visant à assurer une défense aérienne totale du territoire rwandais et à réduire les capacités aériennes offensives…. », poursuit le ministère rwandais en charge de la diplomatie.
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Les autorités congolaises n’ont pas encore réagi à ces allégations. Mais à plusieurs reprises, le président Tshisekedi a annoncé que « les FDLR sont une force résiduelle réduite au banditisme, ne représentant plus de menace pour le Rwanda ».
Toutefois, Félix Tshisekedi reste convaincu tout comme son gouvernement que le M23 bénéficie d’un soutien du Rwanda.
Le M23 est une ancienne rébellion Tutsi qui a repris les armes fin 2021, reprochant au gouvernement congolais de n’avoir pas respecté ses engagements.
Depuis mi juin 2022, il a récupéré plusieurs localités du Nord-Kivu à l’est du Congo, dont Bunagana, la cité frontalière avec l’Ouganda et installé une administration parallèle dans les zones sous son contrôle.
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Les combats entre ce groupe armé et l’armée congolaise appuyée par ses alliés dont les milices locales entretenues par les autorités congolaises et la FDNB (Force de défense nationale du Burundi) se sont intensifiés ces derniers temps, poussant plusieurs milliers d’habitants à fuir leur domicile.
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Photo : le président rwandais Paul Kagame assistant à la 37e session ordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine (UA) au siège de l’UA à Addis-Abeba le 17 février 2024. AFP-MICHELE SPATARI
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