Bujumbura : pénurie du sucre ou spéculation sur le produit ? La population urbaine s’interroge

Bujumbura : pénurie du sucre ou spéculation sur le produit ? La population urbaine s’interroge

Les habitants des quartiers de la capitale économique Bujumbura éprouvent des difficultés pour pouvoir s’approvisionner en sucre ces derniers jours. Là où ce produit est disponible, il s’achète généralement à 3000 francs burundais le kilogramme alors que le prix officiel est de 2500. L’administrateur directeur général de la société sucrière du Moso (SOSUMO) avait pourtant rassuré qu’il n’y aura pas de pénurie de sucre dans la ville commerciale. (SOS Médias Burundi)

Dans les quartiers sud de la capitale, des habitants se plaignent.

« Pas de carburant, pas de sucre, les prix d’autres denrées alimentaires ne cessent d’augmenter « , se lamente un habitant du quartier de Musaga au sud de Bujumbura, fatigué de faire des tours dans les boutiques de la localité à la recherche du sucre, en vain.

Au bout de quelques heures, il trouve enfin un endroit où le sucre est vendu en petite quantité à la cuillère à soupe.

Un autre de la zone de Bwiza en commune de Mukaza (centre) a dit qu’il a dû se déplacer vers un autre quartier pour avoir un peu de sucre pour la bouillie de ses enfants.

« On ne comprend pas ce qui se passe réellement, car jusqu’à présent, personne n’ose se prononcer là-dessus. L’administration ne nous informe pas sur ce qui se passe. On ne sait pas si c’est une pénurie ou une spéculation des commerçants », se lamente-t-il.

Selon des sources de SOS Médias Burundi, dans certaines alimentations de la capitale, le kilogramme de sucre s’achète entre 2700 et 2800 francs burundais.
Les commerçants expliquent que les 200 et 300 francs sont pour le petit sachet qui sert d’emballage.

Les commerçants interrogés à ce sujet disent que le sucre devient de plus en plus rare dans les entrepôts et qu’ils se voient obligés de laisser tomber sa commercialisation ou décider de le vendre à un prix élevé.

Pourtant, lors d’un point de presse le 24 février dernier, l’administrateur directeur général de la SOSUMO avait précisé qu’il n’y aura plus de pénurie du sucre en mairie de Bujumbura. Le Général Major Aloys Ndayikengurukiye a appelé plutôt les administratifs à la base et le ministère du Commerce à redoubler de vigilance pour éviter toute spéculation. Il a tenu également à souligner que l’Etat a autorisé la libre importation du sucre afin de compléter la production insuffisante par rapport à la demande locale.

La mairie de Bujumbura devait avoir à elle seule plus de 1463 tonnes de sucre pour le seul mois de février 2023.

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Photo : un point de vente de denrées alimentaires et de sucre à Bujumbura

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