Politique : la crise interne du CNL s’ancre
Dix membres du bureau politique de la principale formation politique d’opposition CNL soit la moitié de cet organe, ont placé mardi la députée Marie Immaculée Ntacobakimvuna à la tête du parti en remplacement du secrétaire général. Dans un communiqué de ce 14 août, les signataires rappellent que la mission avait été confiée au secrétaire général du parti qui « s’est désisté ». Il devait prendre la place du président du parti suspendu de ses fonctions le 4 juillet dernier par la même équipe. Le secrétaire général du parti parle de non évènement. (SOS Médias Burundi)
Dans ce communiqué, dix membres du Bureau politique du parti de l’opposition CNL font savoir que malgré la notification de leur décision d’assurer l’intérim en tant que responsables du parti, le secrétaire général du CNL a rejeté publiquement cette demande. Les signataires dudit document déclarent qu’il s’avère nécessaire de corriger un vide institutionnel créé par la vacance du poste de président et de l’absence de l’autorité intérimaire.
Celle qui va prendre les rennes selon le communiqué de ce 14 août est la secrétaire nationale à la promotion féminine. Les signataires demandent ainsi à Agathon Rwasa, président du parti suspendu et au secrétaire général, de mettre à la disposition de la nouvelle responsable les outils de fonctionnement du parti.
Ils appellent le ministère de l’Intérieur à permettre la tenue des réunions du bureau politique de 2019 à la permanence nationale du parti.
Pour rappel, le leader-CNL Agathon Rwasa avait suspendu ces membres du bureau politique. C’est par la suite que les auteurs de ce communiqué l’ont à leur tour démis de ses fonctions.
Quelques jours après, une vingtaine de parlementaires ont renouvelé leur confiance à Agathon Rwasa. Ils ont sorti une déclaration emboîtant le pas au secrétaire général pour annoncer que la décision prise par le bureau politique, celle de suspendre Agathon Rwasa à la tête du parti, était nulle et sans effet, expliquant que ledit bureau n’en avait pas les prérogatives.
La principale formation politique d’opposition au Burundi traverse une crise interne depuis plusieurs mois. Cela a poussé le ministre en charge des affaires intérieures Martin Niteretse à « suspendre toutes ses activités » en juin dernier pour « éviter de probables confrontations entre les militants du CNL ». Des activistes ont qualifié la mesure d' »ingérence ».
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Photo : Marie Immaculée Ntacobakimvuna, la nouvelle présidente intérimaire contestée par une partie des membres du comité politique du CNL
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