Cibitoke : deux détenus morts dans le cachot du commissariat provincial

Cibitoke : deux détenus morts dans le cachot du commissariat provincial

En moins d’une semaine, deux détenus sont morts dans le cachot du commissariat de police de Cibitoke (nord-ouest du Burundi). Le surnombre et le manque de la nourriture en seraient les causes. Les défenseurs des droits humains demandent une assistance pour les détenus. Le procureur confirme cette information mais il parle d’un seul détenu mort au lieu de deux. Il demande aux bienfaiteurs un coup de main afin de déplacer les prévenus dont les dossiers sont déjà clos et qui doivent être transférés à la prison centrale de Bujumbura (ville commerciale). (SOS Médias Burundi)

Ils étaient tous âgés d’une trentaine d’années et détenus au cachot du commissariat provincial de police depuis plus de trois mois.

Le premier détenu est mort mardi le 5 Septembre dernier et l’autre deux jours après.

Selon des sources concordantes, les victimes sont mortes par manque de nourriture.

Un de leur codétenu a signifié que suite à la surpopulation carcérale et au manque de nourriture, la majeure partie des détenus présentent des maladies liées à la malnutrition et à la sous alimentation.

Un garde de cachot a soutenu cette thèse.

« Personne ne leur donnait de quoi mettre sous la dent. Les deux détenus étaient dans la misère et n’avaient pas de familles proches pour leur fournir des provisions car l’un était de la commune Bukinanyana et l’autre de Mabayi », a-t-il regretté.

Un défenseur des droits humains évoque également la surpopulation carcérale.

« Ces détenus étaient accusés de simples délits liés aux vols dans les ménages. La promiscuité dans ce cachot d’une capacité d’accueil de 20 personnes et qui en abrite pour le moment plus de 130 est à l’origine des mauvaises conditions de détention observées dans ce cachot », a-t-il précisé.

Selon lui, si rien n’est fait dans l’immédiat, d’autres prévenus risquent de mourir.

« La plupart des détenus sont accusés de délits mineurs. Leurs dossiers ne devraient pas traîner longtemps dans les tiroirs des magistrats et des OPJ. Il faut à tout prix accélérer les procès de la majeure partie des détenus accusés souvent de larcins. Cela aiderait à désengorger ce cachot qui ne dispose pas de standards minimums d’une maison de détention », a-t-il signalé.

Au parquet près le tribunal de grande instance de Cibitoke, le procureur confirme « la mort d’un seul détenu qui serait mort suite à une longue maladie ».

Il admet tout de même le surnombre des détenus dans ce cachot. Pour lui, le manque de véhicule pour assurer le transport des détenus dont la peine a été confirmée est une des raisons. Il demande aux partenaires impliqués dans le domaine des droits humains en général et de la défense des droits des prisonniers en particulier d’apporter un appui en termes de logistique de transport pour assurer le transport des détenus vers de maisons de détention surtout celle de Mpimba dans la ville commerciale Bujumbura.

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Photo d’illustration : le chef-lieu de la province de Cibitoke au nord-ouest du Burundi

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