Nyarugusu (Tanzanie) : quatre policiers interpellés pour tentative de vol
Des policiers ont été pris en flagrant délit de vol dans le ménage d’un commerçant burundais au camp de Nyarugusu. Ils ont été interpellés avec trois gardiens civils du camp. Les réfugiés exigent une punition exemplaire. (SOS Médias Burundi)
Vendredi dernier, vers 20 heures, sept personnes en tenue civile ont débarqué chez un commerçant burundais dans la zone 9 du camp de Nyarugusu en Tanzanie.
Quand elles ont frappé sur le portail en tôle, le comerçant connu sous le surnom de ‘Gasongo’ a ouvert, croyant qu’il s’agissait de clients tardifs qui venaient étancher leur soif. Mais l’affaire a tourné autrement.
« Ils ont finalement braqué des armes sur lui, lui intimant l’ordre de donner tout l’argent en sa possession. Il a rétorqué qu’il n’a plus d’argent, qu’il a déjà passé des commandes pour des articles de boutique. Mais il avait déjà reconnu leurs visages», expliquent des voisins.
Les braqueurs ne s’en sont pas arrêtés là.
« Ils ont exigé 400 000 mille shillings tanzaniens pour le laisser en vie. La victime les a suppliés indiquant qu’il ne peut que trouver la moitié de la somme. Les agresseurs ont accepté et l’ont laissé entrer dans la maison pour emmener la somme », témoignent toujours ses voisins.
Arrivé dans sa chambre, « Gasongo » a appelé le commandant de la police qui garde le camp et le chef des gardiens civils. Ces derniers n’ont pas tardé à intervenir.
« Des policiers, des gardiens et quelques leaders des réfugiés se sont alors dirigés vers la zone 9 chez Gasongo et ils ont encerclé l’enclos. Une échauffourée a failli éclater mais les braqueurs ont fini par se rendre. Tous les sept ont été menottés et embarqués dans des véhicules de la police », racontent des témoins oculaires.
Pour le moment, ils sont détenus au cachot du camp. Les réfugiés exigent des punitions exemplaires.
« Finalement on vient d’apprendre que ce sont des policiers qui nous volent et nous tuent. Alors, que ceux qui ont été pris la main dans le sac soient punis d’une façon exemplaire. Et puis nous sommes inquiets de la vie de ce commerçant, il pourrait y avoir des représailles », plaident-ils.
Au début de ce mois, le secrétaire permanent chargé de la question des réfugiés au ministère de l’Intérieur, Sudi Mwakibasi, avait reconnu qu’il y a des bavures commises contre les réfugiés burundais, parfois par des policiers, et avait promis que la situation allait changer, laissant espérer que ceux qui commettent ces bavures pourraient être punis.
Les réfugiés de Nyarugusu, un camp dans lequel Sudi Mwakibasi a prononcé ce discours, exigent que des actes soient joints aux paroles.
Nyarugusu abrite plus de 110.000 réfugiés, dont plus de 50 mille Burundais, les autres étant des Congolais.
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Photo : une rue avec des commerces au camp de Nyarugusu en Tanzanie
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