Cibitoke : désertion des militaires burundais qui devraient être déployés en RDC
Trois militaires burundais du 112e bataillon à Cibitoke (nord-ouest du Burundi) ont déserté en début de semaine alors qu’ils étaient en route pour la République démocratique du Congo. Des soldats disent avoir peur d’être déployés sur le sol du plus vaste pays de l’Afrique centrale. Les responsables du bataillon ont préféré ne pas faire de réactions sur cette désertion. (SOS Médias Burundi)
Au moins trois soldats du camp Cibitoke en route vers les régions de la RDC ont déserté et préféré retourner au Burundi alors qu’ils étaient déjà dans la localité de Sange sur le territoire d’Uvira, en province du Sud-Kivu à l’est de la RDC, selon nos sources.
Ces militaires ont regagné leur unité à Cibitoke.
« Ils ont été directement arrêtés et conduits à Bujumbura (capitale économique) où ils sont pour le moment incarcérés », révèle une source militaire sous couvert d’anonymat.
La même source poursuit en précisant que la vie de ces soldats est en danger.
« Suite aux nombreux cas de désertion observés dans les rangs des éléments de la FDNB (Force de défense nationale du Burundi) déployés au Congo, nous avons des inquiétudes à propos de notre sécurité et pensons que notre hiérarchie a opté de nous intimider en vue de nous empêcher de déserter », insiste un militaire joint par téléphone de l’autre côté de la Rusizi au Congo.
La FDNB dispose de deux contingents sur le territoire congolais. L’un s’y trouve dans le cadre des opérations conjointes des armées de la communauté Est-Africaine, l’autre y est dans un cadre bilatéral entre les gouvernements burudais et congolais.
D’autres sources militaires contactées affirment que le désespoir et la panique s’observent de plus en plus chez les hommes en uniformes qui craignent d’être déployés en RDC.
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Les mêmes sources font savoir que la plupart des éléments de la FDNB opèrent au Congo dans un cadre non officiel. lls passent par des zones non reconnues par les services de l’immigration sur les frontières clandestines. Dans beaucoup de cas, SOS Médias Burundi a récemment eu des témoignages des Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD) qui accompagnent toujours l’armée burundaise sur le champ de bataille chez le grand voisin de l’ouest surtout dans le Sud-Kivu. Les membres de la ligue des jeunes du parti présidentiel qui y sont envoyés proviennent notamment de la région nord-ouest du Burundi.
« L’autre inquiétude et non la moindre chez les éléments de la FDNB, les indemnités ne sont pas versées aux familles des soldats tombés sur le champ de bataille. Leurs familles sont interdites de faire le deuil dans l’optique de brouiller les pistes pouvant révéler des morts chez les soldats burundais tués en RD Congo », insiste un jeune officier.
Contacté à ce propos, le commandant en second du Camp Cibitoke a qualifié ces informations de « rumeurs », préférant ne pas faire beaucoup de commentaires sur cette affaire.
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Photo d’illustration : une rue qui mène à l’entrée du 112e bataillon à Cibitoke
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