Makamba : le cachot du parquet de province est très surpeuplé, les occupants sont exposés à toute sorte de maladies

Makamba : le cachot du parquet de province est très surpeuplé, les occupants sont exposés à toute sorte de maladies

Le cachot du parquet de province à Makamba (sud du Burundi) est très surpeuplé. Il héberge plus de 140 détenus alors que sa capacité d’accueil ne dépasse pas 30 personnes. Les occupants sont exposés à toute sorte de maladies. Les concernés et leurs proches ainsi que des juges, reprochent aux responsables du parquet et du tribunal de province d’exiger des pots-de-vin à des détenus pour bénéficier de la libération, ce qui aggrave la situation. (SOS Médias Burundi)

Selon des proches des détenus du cachot du parquet de Makamba et des sources judiciaires, ces derniers sont exposés à différentes maladies suite aux effectifs très élevés. Les responsables du parquet et du tribunal de grande instance de Makamba sont accusés d’exiger des pots-de-vin à des détenus pour bénéficier d’une libération, ce qui aggrave la situation.

« La cellule qui a été construite pour recevoir 30 personnes seulement héberge plus de 140 détenus actuellement », se désolent-ils.

Comme solution alternative, certains détenus se couchent à l’intérieur de l’unique latrine dans des positions diamétralement opposées, d’autres encore sur les murs, se servant des portes qu’ils rangent sur les murs de la même latrine.

Selon des juges à Makamba, plusieurs locataires de ce cachot provincial ont été acquittés ou sont retenus sans procès ni dossier.

Un détenu s’arrange pour dormir sur le mur d’une latrine à l’intérieur du cachot du parquet de Makamba au sud du Burundi, décembre 2023

Le procureur de Makamba Claver Sabushimike et le président du tribunal de province sont soupçonnés « d’être incompétents et corrompus ».

« Aucun détenu, pauvre soit-il, ne peut être libéré sans verser au moins 50 mille francs burundais. Cela concerne même les acquittés », regrettent des juges qui se sont confiés à SOS Médias Burundi. Pour des personnes qui ont des moyens, les deux responsables judiciaires peuvent demander une somme allant jusqu’à 500 mille francs, d’après nos sources.

Des juges et proches des concernés appellent la hiérarchie judiciaire à « recadrer les deux représentants judiciaires et s’investir pour mettre fin à cette situation ».

Avant d’être promu responsable du tribunal de grande instance de Makamba, Aloys Ntibishimirwa avait été arrêté et emprisonné pour avoir été surpris avec une somme de 50 mille francs de frais de corruption, a-t-on appris.

Un porte-parole du ministère en charge de la justice n’était pas disponible pour répondre à nos questions.

_________________________________________

Photo : des détenus entassés dans une petite cellule du cachot du parquet de Makamba, décembre 2023

Previous Photo de la semaine : rassemblement devant l'ambassade du Burundi pour demander la libération de la journaliste Floriane Irangabiye
Next Beni (RDC) : près de vingt civils tués en une semaine

You might also like

Droits Humains

Burundi : des organisations dénoncent des crimes sans nom

Le 10 décembre de chaque année depuis 1949, le monde entier célèbre la journée internationale dédiée à la déclaration universelle des droits de l’homme votée en 1948. En son 73

Droits Humains

Burundi : SOS-Torture dénonce un climat de répression et de violences en 2025

SOS Médias Burundi Bujumbura, 18 mars 2026 — Le rapport annuel 2025 de SOS-Torture Burundi, organisation opérant depuis l’exil, dresse un tableau sombre de la situation des droits humains dans

Droits Humains

Cibitoke : trois détenus embarqués par le SNR vers une destination inconnue

Des détenus du cachot du commissariat de police de la province Cibitoke (nord-ouest Burundi) se disent inquiets. C’est suite à trois de leurs codétenus qui sont portés disparus. Ils ont