Grands-Lacs : cela va prendre un certain temps pour résoudre les conflits entre le Burundi, la RDC et le Rwanda (expert)
Depuis un certain temps, il existe un conflit ouvert entre le Burundi et le Rwanda d’un côté et entre le Rwanda et la RDC de l’autre. Les présidents burundais et congolais se sont d’ailleurs coalisés contre leur homologue rwandais Paul Kagame qu’ils considèrent comme « un mauvais voisin aux objectifs expansionnistes ». Pour l’expert de la région des Grands-Lacs d’Afrique et professeur d’université Ismael Buchanan, ça va prendre un certain temps pour résoudre les conflits entre les trois sœurs nations de cette région. (SOS Médias Burundi)
Pour l’intellectuel, toutes les tensions entre les trois pays de la région des Grands-Lacs d’Afrique ont une longue histoire, et dans une certaine mesure, avec des dynamiques complexes, souvent influencées par des facteurs politiques, ethniques et économiques.
« Je pense que cela va prendre un certain temps pour résoudre les questions de conflits entre le Burundi, la RDC et le Rwanda car il ne s’agit pas seulement des problèmes immédiats autour du M23 en RDC ou de Red-Tabara au Burundi », dit-il.
Et de préciser : » Du côté de la RDC, nous avons toujours les FDLR ( génocidaires) qui soutiennent toujours l’armée congolaise. En ce qui concerne les deux pays-le Burundi et la RDC, ils tentent de se soutenir mutuellement et s’allient contre le Rwanda. Et en considérant qu’il reste encore des résidus de cette longue période de relations très difficiles entre ces pays voisins, pour moi, je dirais qu’il est plutôt peu probable de dire que le conflit existant depuis longtemps soit résolu de si tôt ».
Craintes de violences communautaires
Ismael Buchanan craint des violences communautaires si la crise persiste.
« [….] Les tensions communautaires ciblant certaines populations de ces pays pourraient se transformer en une violence communautaire sans précédent….et les affrontements entre les trois pays pourraient s’intensifier de façon spectaculaire dans la région », prévient l’expert Buchanan.
Le 11 janvier dernier, les autorités burundaises ont fermé les frontières avec le Rwanda, accusant son président Paul Kagame d’entretenir des groupes terroristes de Burundais.
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Et dans une conférence avec des jeunes congolais dans la capitale Kinshasa dimanche dernier, le président burundais Évariste Ndayishimiye n’a pas caché sa haine contre Kagame qu’il considère comme « le déstabilisateur de la sous-région ».
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Paul Kagame a choisi la 19ème session du dialogue national dit « Umushikirano » pour répondre à ses ennemis.
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Lors de sa campagne électorale avant sa réélection contestée, le chef de l’État congolais Félix Tshisekedi a, en décembre dernier, comparé Paul Kagame à Adolphe Hitler affirmant qu’il a « des objectifs expansionnistes ».
Solutions
Tout d’abord, la meilleure solution et la plus adaptée à ces problèmes, c’est la diplomatie, le dialogue, estime M. Buchanan.
« Donc, il faut que la communauté internationale, notamment l’ONU, l’UA, l’UE …prenne cette situation au sérieux tout en encourageant les dirigeants de ces trois pays à avoir un dialogue franc et constructif », conseille-t-il.
Pour Ismael Buchanan, la communauté internationale devrait aussi envisager des sanctions contre tout pays reconnu coupable d’agression, de violation du droit international, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale.
« Cela doit passer par des enquêtes libres et indépendantes », conclut l’intellectuel.
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Photo : Ismael Buchanan, expert sur la région des Grands-Lacs d’Afrique
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