Bururi – Rumonge : des conditions inhabituelles dans le test de recrutement de nouveaux militaires
Des sources militaires ont indiqué que plus 500 jeunes dont 40 jeunes filles se sont présentés mardi dernier à l’école des sous-officiers (ESO) à Bururi (sud du Burundi) pour passer le test d’entrée à l’armée burundaise, comme l’avait annoncé le ministère de la Défense nationale et des anciens combattants.Selon certains candidats, à leur arrivée au camp militaire de Bururi, ils n’ont eu droit qu’au test physique à savoir le sport. Ils n’ont pas fait de test écrit comme les autres promotions précedentes. Le même scénario s’est répété à Rumonge (sud-ouest) où 390 candidats dont 39 filles étaient attendus. Les concernés trouvent cela louche. (SOS Médias Burundi)
Bururi
Le mercredi 24 janvier, le test a été organisé. Les garçons ont parcouru six kilomètres depuis le camp militaire de Bururi. Quant aux filles, elles devaient en faire trois.
Après cette course, les organisateurs de ce test ont proclamé les résultats.
Les candidats ont appris que le test écrit ne sera pas organisé comme d’habitude.
Les organisateurs leur ont dit de rentrer chez eux.
« Aller tranquillement chez vous. Laissez toujours vos téléphones ouverts, nous vous communiquerons la suite ».
Des candidats qui venaient de passer ce test rencontrés au parking des bus de Bururi ont indiqué qu’ils rentraient avec des inquiétudes.
Certains soupçonnent que cette année il pourrait y avoir une sorte d’entrée collective à l’armée.
D’autres restent sceptiques et pensent que les responsables de la FDNB (Force de défense nationale du Burundi) n’ont pas fait passer le test écrit pour procéder à une discrimination de certains candidats.
D’après certains jeunes, plusieurs lauréats des écoles fondamentales des communes Mugamba, Matana, Rutovu, Songa, Bururi et Vyanda avaient été mobilisés pour venir passer ce test.
Mais tout le monde est rentré avec des doutes sur les critères qui seront pris en considération dans la sélection des candidats qui seront retenus.
Même scénario à Rumonge
Des sources parmi les candidats ont révélé que le test d’entrée à l’armée burundaise a été organisé le même jour et de la même manière que celui du chef-lieu de la province Bururi.
390 candidats dont 39 filles s’étaient présentés au stade de Rumonge pour faire le test écrit et pratique mais on les a informés qu’il n’y aurait pas de test écrit.
Eux aussi pensent que certains candidats seront victimes de discrimination puisqu’aucun critère de sélection n’a été précisé.
Entre temps, ce recrutement de militaires de rang se fait dans un contexte un peu particulier.
Plusieurs militaires sont détenus dans différentes prisons.
Des sources proches de la prison centrale de Bururi nous ont révélé que ce vendredi 19 janvier dernier, vingt militaires burundais sont arrivés dans cette maison pénitentiaire.
Ils sont accusés d’avoir refusé d’aller combattre aux côtés des militaires congolais à l’est de la RDC contre le M23.
Un autre groupe de militaires dont nous n’avons pas pu connaître le nombre exact est locataire de la prison centrale de Murembwe à Rumonge.
Des sources au sein de l’armée à Bururi pensent également que l’absence du test écrit cache une politique de faire la promotion collective pour avoir assez de remplaçants des militaires morts sur le champ de bataille en RDC, ceux qui ont refusé d’aller se battre contre le M23 et Red-Tabara et qui ont été arrêtés et conduits en prison.
Les mêmes sources affirment que pour l’instant l’armée burundaise est à court d’effectifs puisque certains militaires sont dans le contingent de l’ATMIS en Somalie, d’autres en Centrafrique, d’autres sur le front en RDC.
Raisons
Selon un colonel de la FDNB qui a témoigné sous couvert d’anonymat à SOS Médias Burundi, l’armée a besoin de 5000 recrues sur tout le territoire national.
« L’armée voulait recruter beaucoup d’Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD) qui participent déjà dans des opérations aux côtés de la FDNB dans des opérations au Congo mais la majorité a dit qu’elle ne pouvait pas réussir le test écrit. D’où les responsables de l’armée ont décidé de donner le test physique seulement », confie notre source.
Ces derniers mois, plusieurs militaires burundais dont des officiers supérieurs ont été tués dans le Nord-Kivu à l’est de la RDC dans des affrontements avec le M23. Ils s’y trouvent dans un cadre bilatéral entre le Burundi et le Congo.
Et selon certains analystes dont le journaliste Bonfils Niyongere, la FDNB, « une armée toujours réputée pour sa bravoure souffre d’une politique divisionniste du CNDD-FDD aujourd’hui ».
Un porte-parole de la FDNB n’était pas disponible pour répondre à nos questions.
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Photo d’archives : des militaires burundais dans un défilé en marge de la célébration de la fête de l’indépendance dans la ville commerciale Bujumbura
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