Cibitoke : persistance de la pénurie des produits Brarudi, les bistrots ferment un à un

Cibitoke : persistance de la pénurie des produits Brarudi, les bistrots ferment un à un

Dans la province Cibitoke au nord-ouest du Burundi, deux semaines viennent de s’écouler sans que les dépôts dits Mégas soient approvisionnés en boissons par la Brarudi.
Dans toutes les communes de cette province, les tenanciers des bistrots se désolent. Ils disent qu’ils sont en train de fermer puisqu’ils n’ont rien à servir aux clients. Les consommateurs quant à eux demandent au gouvernement de tout faire pour sanctionner les spéculateurs dans la vente de ces produits qui deviennent de plus en plus rares.
(SOS Médias Burundi)

A travers les 6 communes de cette province , suite à la carence des boissons produites par la Brarudi (Brasserie et limonaderies du Burundi), la quasi-totalité des propriétaires des bars ont mis la clé sous le paillasson.

Selon certains consommateurs, les conséquences sont énormes. Dans de très rares cas où on peut trouver certains produits Brarudi, les prix ont sensiblement augmenté.

Par exemple, une bouteille des bières Amstel et Primus s’achète respectivement à 5000 et 4000 francs burundais alors qu’auparavant le prix était de 3000 et 2200 francs.

« Les Amstel – Royal et Bock s’achètent actuellement à 5000 et 4000. C’est à dire que le prix a respectivement augmenté de 2000 et 1000 francs », s’indignent des fonctionnaires du chef-lieu de province.

Les responsables des bistrots disent avoir enregistré des pertes énormes.

« La situation est intenable même si on parvient à avoir quelques casiers, on est obligé de hausser le prix », déplore un des commerçants qui exploite une buvette dans la commune Rugombo non loin du centre urbain de Cibitoke.

Dans la commune Mabayi, c’est la même situation, avec la persistance de cette pénurie. Un quinquagénaire affirme avoir ordonné la fermeture de ses 3 bistrots établis dans différents coins.

« J’ai dû renvoyer tout le personnel en congé forcé et au chômage et si par malheur la pénurie persiste encore, tous les employés vont perdre leur travail. C’est triste, c’est une situation alarmante pour les employés mais je n’ai pas de choix », a-t-il regretté amèrement.

Selon une source administrative dans la province Cibitoke, les taxes et les impôts perçus par les services de la comptabilité communale commencent à chuter sensiblement.

Les détenteurs des buvettes comme c’est le cas de l’un d’eux rencontré dans la commune Buganda craignent de ne pas avoir de l’argent pour payer les loyers à la fin du mois.

Dans les 3 autres communes à savoir Murwi, Mugina et Bukinanyana, certains des exploitants des bistrots rencontrés nous ont clairement indiqué qu’ils vont avoir des difficultés pour rembourser les crédits contractés auprès des banques.

Le Gouverneur de province confirme les faits et met en garde certains commerçants spéculateurs.

« Des sanctions sévères mais conformes à la loi sont envisageables pour les spéculateurs », a prévenu Carême Bizoza.

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Photo : une buvette qui a fermé ses portes suite à la pénurie des produits Brarudi à Cibitoke, avril 2024

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