Rumonge : quatre commerçants arrêtés pour spéculation

Rumonge : quatre commerçants arrêtés pour spéculation

Ezechiel Mpawenimana, Médiatrice Irankunda, Bella Irakoze et Antoine Ntunzwenimana, tous tenants de bars au chef-lieu de la zone Magara, en commune Bugarama dans la province Rumonge (sud-ouest du Burundi), ont été interpellés par la police le dimanche soir dernier.Ils sont soupçonnés de se livrer à de la spéculation sur les prix des boissons produites par la Brasserie et limonaderies du Burundi (Brarudi). La bouteille de Primus par exemple se vend à 3000 francs burundais, soit une augmentation de 500 francs par rapport au prix officiel de ce produit.Les quatre ont été mis au cachot de la police à Magara en attendant des enquêtes. Leurs proches demandent leur libération. (SOS Médias Burundi)

Ces commercants disent peiner à trouver ces produits d’où leur vente à un prix élevé surtout qu’ils s’approvisionnent ailleurs, loin du centre de Magara.

Une source policière précise que « trois des quatre commercants, propriétaires d’hôtels à Magara, se sont livrés à de la spéculation en vendant des produits Brarudi à un prix supérieur au prix officiel alors qu’ils n’ont pas d’autorisation délivrée par l’Office burundais des recettes ».

La pénurie des produits Brarudi fait parler d’elle à Rumonge, tout comme dans d’autres provinces du Burundi.

Dans quatre hôtels et bistrots du chef-lieu de la ville de Rumonge visités, aucun produit Brarudi n’est disponible. Les consommateurs ont déserté les lieux.

Certains proprietaires de ces hôtels ont indiqué qu’ils viennent de passer plus d’une semaine sans être approvisionnés.

Des conséquences se font sentir sur les employés qui craignent de ne pas recevoir leur salaire du mois de juin.

Le maleur des uns fait le bonheur des autres

La pénurie des produits a permis l’ascension de petits commerçants qui vendent d’autres boissons de toutes sortes en bouteilles plastiques non contrôlées.

Pourvu qu’on ait à boire

Plusieurs consommateurs fréquentent les boutiques pour acheter ce genre de boissons trop alcoolisées. Ils s’enivrent à moindre coût.

Certains font savoir qu’ils ont basculé vers ces boissons malgré leur taux d’alcool élevé à cause du manque des produits Brarudi et de leur coût.

Ceux qui préfèrent ne prendre que les produits Brarudi sans une autre alternative demandent à l’entreprise de faire tout ce qui est dans son pouvoir pour approvisionner la ville de Rumonge.

Ils regrettent qu’il y ait toujours pénurie des produits Brarudi dans la ville de Rumonge alors que « la Brarudi ne cesse d’exporter les produits en République démocratique du Congo ».

Selon une source interne à la Brarudi, « des quantités énormes de boissons transitent tous les jours par le port commercial de Rumonge pour être transportées de l’autre côté du Lac Tanganyika. Cette exportation permet à l’entreprise Brarudi de gagner des devises » que la banque centrale du Burundi n’arrive pas à lui procurer. La récente hausse des prix des produits Brarudi n’a pas résolu leur pénurie.

LIRE AUSSI :

Invité le jeudi 25 avril à l’hémicycle de Kigobe, le Premier ministre, Gervais Ndirakobuca est revenu sur la question des produits de la Brarudi qui se raréfient de plus en plus depuis un bon bout de temps.

Il a reconnu que la Brarudi a un problème très épineux lié au manque de devises pour importer les matières premières. Gervais Ndirakobuca a déclaré que son gouvernement va se pencher sur la question.

Selon le Premier ministre, la Brarudi a signifié formellement au gouvernement que les activités de cette entreprise sont aux arrêts et elle a sollicité une intervention du gouvernement incapable.

« Nous sommes en train de voir comment trouver une solution. Mais il faut considérer les priorités. Peut-on sacrifier l’argent destiné à l’achat des fertilisants et le donner à la Brarudi aujourd’hui? », a insisté M.Ndirakobuca qui a dit que le gouvernement n’a pas de réponse à presque toutes les crises qui secouent le pays maintenant, blâmant les sanctions de 2015, consécutives à un autre mandat controversé de feu président Pierre Nkurunziza cette année-là. Selon lui, « ces sanctions ont plongé le pays dans le gouffre après 2020 car entre 2015 et 2020, nous avions encore quelques épargnes ».

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Photo : un bateau congolais transportant des marchandises dont des boissons Brarudi dans les eaux du lac Tanganyika © SOS Médias Burundi

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