Nyarugusu (Tanzanie) : une réfugiée burundaise opérée avec succès après un appel à l’aide
Après une année de souffrances et d’abandon médical, une réfugiée burundaise du camp de Nyarugusu a été opérée en urgence grâce à une mobilisation sur les réseaux sociaux. Victime d’une grave négligence lors de son accouchement, elle retrouve enfin l’espoir. (SOS Médias Burundi)
Le cri d’alarme lancé sur SOS Médias Burundi a porté ses fruits. Grâce Nibizi, une réfugiée burundaise souffrant de graves complications post-césarienne, a enfin été opérée en urgence. L’intervention a été un succès, mettant fin à des mois de souffrance. Aujourd’hui, elle se remet bien et exprime sa gratitude envers tous ceux qui ont plaidé pour son cas.
Une convalescence inespérée
Le mari de Grâce Nibizi, ému, témoigne de son soulagement :
« Ma femme sourit à nouveau, elle bouge sans difficulté, marche normalement et peut même faire du jogging », raconte-t-il.
Le calvaire de Grâce avait commencé en décembre 2023, après une césarienne qui lui avait permis de donner naissance à son enfant. Si le nouveau-né était en bonne santé, l’opération, elle, avait laissé des séquelles inquiétantes.
Très vite, son ventre avait pris une ampleur anormale. « Juste après l’opération, je me sentais mal, comme si quelque chose était resté coincé dans mon ventre, plus lourd encore que durant ma grossesse », expliquait-elle depuis sa petite chambre du camp de Nyarugusu (zone 10, village 6).
Son état préoccupant avait été mis en lumière début janvier 2025, lorsqu’une vidéo la montrant avec un ventre démesurément gonflé, couvrant même ses cuisses, avait circulé sur les réseaux sociaux. Son appel à l’aide, relayé par SOS Médias Burundi, avait rapidement attiré l’attention des organisations et autorités concernées.
Pressions et rebondissements
Cependant, l’exposition médiatique n’a pas été sans conséquences. La famille de Grâce a subi des pressions et des intimidations de la part de certaines autorités cherchant à identifier la source de la fuite d’informations.
« On nous a demandé qui avait porté l’affaire à la presse. Mais la réalité était évidente : toute personne qui voulait aider pouvait constater son état ! », déplore son mari, Jean Marie Bizimana.
Deux semaines après la diffusion de son appel, Grâce a commencé à recevoir des rendez-vous médicaux.
« Je n’y croyais pas. Après une année d’abandon, les mêmes personnes qui me rejetaient me prenaient en charge ! », raconte-t-elle.
Fin janvier, elle a été admise à l’hôpital de référence de Kabanga, dans le district de Kasulu, réputé pour son expertise en chirurgie. L’opération a enfin eu lieu.
Une négligence médicale à l’origine de son calvaire
Les médecins ont découvert que ses complications post-natales étaient dues à une erreur médicale grave : lors de sa césarienne, du matériel chirurgical avait été oublié dans son abdomen.
Grâce a demandé à voir et à photographier l’objet retiré, mais l’hôpital a refusé. « L’important, c’est que vous êtes soignée et que vous serez rétablie d’ici un mois », lui a-t-on répondu.
Elle s’est résignée à accepter cette explication, soulagée d’être enfin hors de danger.
Une mobilisation qui a sauvé une vie
Grâce et son mari saluent l’intervention de SOS Médias Burundi, dont le travail dans les camps de réfugiés a permis de mettre en lumière leur détresse. Grâce à cette mobilisation, leur histoire a été largement relayée, forçant les autorités à agir.
LIRE AUSSI :
Le camp de Nyarugusu, en Tanzanie, abrite plus de 110.000 réfugiés, dont 50.000 Burundais. Ce drame souligne les défis auxquels sont confrontés de nombreux exilés en quête de soins médicaux dignes.
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Photo : Grâce Nibizi, la réfugiée burundaise qui a été opérée après un appel à l’aide relayé notamment par SOS Médias Burundi, février 2025 © SOS Médias Burundi
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