Gitega : deux magistrats arrêtés et incarcérés à la prison de Gitega pour corruption
SOS Médias Burundi
Gitega, 22 avril 2025 – Dans une affaire qui secoue le système judiciaire burundais, deux magistrats en fonction à Gitega, au centre du pays, ont été interpellés la semaine dernière par les autorités pour des faits présumés de corruption. Jean Marie Vianney Ahishakiye, juge au Tribunal de Résidence, et Alexis Nimbona, juge au Tribunal de Grande Instance, ont été arrêtés par des agents du Service National de Renseignement (SNR). Après plusieurs jours de détention préventive, ils ont été transférés à la prison centrale de Gitega dans la capitale politique, où ils sont actuellement incarcérés. Cette arrestation survient dans un contexte de lutte accrue contre la corruption dans le secteur judiciaire, mais elle soulève aussi des inquiétudes quant à l’indépendance et à l’intégrité du système judiciaire burundais.
Jean Marie Vianney Ahishakiye, juge au Tribunal de Résidence de Gitega, et Alexis Nimbona, juge au Tribunal de Grande Instance de la même province, ont été appréhendés respectivement les 9 et 11 avril 2025 par des agents du Service National de Renseignement (SNR). Selon des témoins, les deux hommes ont été conduits manu militari dans les cachots du commissariat provincial de la police à Gitega.
Après près d’une semaine de détention préventive, les deux magistrats ont été transférés le 18 avril 2025 à la prison centrale de Gitega, où ils sont actuellement incarcérés. Ils sont accusés d’avoir reçu un pot-de-vin d’un montant de 1.200.000 francs burundais de la part de justiciables.
Cette arrestation n’est pas un cas isolé. En 2024, plusieurs juges et magistrats de différentes juridictions de Gitega, notamment de la Cour d’appel, du Parquet général et du Tribunal de Grande Instance, avaient déjà été interpellés et incarcérés pour des faits similaires. Ces affaires révèlent une intensification des efforts des autorités burundaises pour lutter contre la corruption au sein du système judiciaire, mais elles soulèvent également des questions sur la profondeur et l’efficacité de ces actions. En effet, si les arrestations suscitent un certain espoir de réformes, la question de l’indépendance de la justice burundaise demeure préoccupante, dans un environnement où le contrôle politique sur les institutions est souvent flagrant.
Les autorités judiciaires n’ont pour l’instant pas réagi publiquement à ces arrestations. L’avenir des magistrats concernés reste incertain, et leur dossier pourrait avoir de lourdes conséquences sur leurs carrières professionnelles, y compris des poursuites judiciaires et des sanctions disciplinaires.
Le système judiciaire burundais est principalement composé de tribunaux de première instance, des cours d’appel, et de la Cour Suprême, la plus haute instance judiciaire du pays. La corruption a longtemps été un problème majeur dans ce secteur, sapant la confiance du public dans l’équité des jugements et des décisions. Le pays, bien que signataire de conventions internationales sur la lutte contre la corruption, fait face à des défis importants dans la mise en œuvre de réformes concrètes et efficaces dans le secteur judiciaire. Les citoyens se retrouvent souvent confrontés à des pratiques de corruption, notamment au sein des tribunaux de grande instance et des juridictions inférieures, où des pots-de-vin sont régulièrement exigés pour accélérer ou influencer les procédures judiciaires.
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Photo : la place publique à Gitega dans la capitale politique du Burundi où les deux magistrats sont détenus © SOS Médias Burundi
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