Rumonge : coupures d’électricité et soupçons de corruption à la Regideso
SOS Médias Burundi
Rumonge, 14 septembre 2025 – À Rumonge, le courant ne passe plus. Dans cette ville portuaire située dans le sud-ouest du Burundi, les habitants vivent depuis plusieurs jours au rythme de longues coupures d’électricité, plongeant la population dans la colère et suscitant de graves soupçons de corruption au sein de la Regideso, l’entreprise publique chargée de la distribution d’eau et d’électricité.
Commerçants et ménages tirent la sonnette d’alarme. Les vendeurs de produits périssables – viandes, poissons frais, légumes – parlent de pertes colossales.
« Nous enregistrons des pertes énormes, les marchandises pourrissent, personne ne peut les conserver », témoigne un commerçant du marché central.
Les services publics ne sont pas épargnés. Plusieurs secrétariats ont suspendu leurs activités, faute de courant. Au bureau communal, le service de l’état civil fonctionne au ralenti : ceux qui cherchent des documents repartent bredouilles.
Le secteur bancaire, lui aussi, est paralysé. Guichets, agences et services de transfert électronique d’argent ne marchent plus normalement. « C’est toute la vie qui est bloquée », s’indigne un habitant.
Silence de la Regideso
Face à la crise, la Regideso garde le silence. Aucune explication technique claire n’a été fournie. Une attitude qui alimente la colère et nourrit les rumeurs.
Des soupçons de corruption
Une source locale accuse : « Le patron de la Savonnerie de Rumonge aurait corrompu le responsable local de la Regideso pour que son usine d’huile de palme bénéficie d’une forte intensité d’électricité. »
Selon cette même source, « voilà pourquoi la ville de Rumonge reste dans le noir, tandis que Mutambara – où est implantée l’huilerie – et d’autres localités sont alimentées normalement. »
Un agent de la Regideso, sous couvert d’anonymat, confirme : « Aucune panne n’a été détectée dans nos lignes. Nous mettons du courant sous l’ordre de notre chef. »
Une population à bout
Dans les rues, la colère monte. Les habitants exigent un rétablissement rapide de l’électricité. « Nous demandons que la Regideso donne du courant à toute la population », insistent-ils, dénonçant une situation injuste et destructrice pour l’économie locale.
Entre silence des autorités et soupçons de manœuvres occultes, la crise énergétique à Rumonge met une fois de plus en lumière les fragilités de la gestion des services publics essentiels au Burundi.
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Photo : une rue de Rumonge avec des installations de câbles de la Regideso. Les habitants dénoncent des coupures répétitives d’électricité, suspectant des pratiques de corruption. © SOS Médias Burundi
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