Karurama : des enfants étouffés par le surpeuplement scolaire
SOS Médias Burundi
Cibitoke, 29 septembre 2025 –À l’école fondamentale Karurama I et II, en commune de Cibitoke, dans la province de Bujumbura, à l’ouest du Burundi, les conditions d’apprentissage virent au calvaire. Classes surpeuplées, manque criant de pupitres et d’enseignants, absence d’infrastructures de base : parents et enseignants tirent la sonnette d’alarme, redoutant pour l’avenir des enfants.
Dès l’entrée, le décor frappe. Des dizaines d’élèves entassés, certains collés contre les murs, d’autres assis à même le sol, tentent de suivre le cours. Dans certaines classes de la première, deuxième et troisième année, on compte jusqu’à 196 enfants pour un seul enseignant. Celui-ci, coincé au milieu des rangs, peine à circuler.
« Nous faisons de notre mieux, mais c’est presque mission impossible. Nous avons l’impression d’avoir été abandonnés », souffle un instituteur, visiblement épuisé.
Des élèves exténués, des parents indignés
Uniformes déchirés, cahiers abîmés, dos endoloris… Le quotidien laisse des traces.
« Mon fils rentre chaque soir exténué. Comment peut-il apprendre dans ces conditions ? », s’indigne un parent rencontré devant l’école. Pour beaucoup, la promesse d’une école fondamentale pour tous semble bien éloignée de la réalité.
Un établissement sous-équipé
Avec plus de 2 400 élèves pour seulement 13 classes, Karurama I fonctionne largement au-delà de ses capacités. Le directeur, Manassé Nsabiyaremye, évoque « des besoins immenses » : bancs-pupitres, enseignants supplémentaires, sanitaires, eau courante.
« Nous avons de l’espace pour construire des bâtiments à étages. Ce qui nous manque, ce sont les moyens », plaide-t-il, appelant à l’aide les bienfaiteurs et natifs de la commune.
Un problème généralisé
Les autorités locales reconnaissent la gravité de la situation.
« La surcharge est une réalité dans plusieurs écoles. Une nouvelle organisation du système éducatif est en cours », assure Jérémie Sibomana, responsable communal de l’éducation, qui appelle les enseignants à la patience.

Des écoliers assis à même le sol dans une classe débordée à l’école fondamentale Karurama I, commune de Cibitoke, septembre 2025 © SOS Médias Burundi
Un avenir compromis
Mais sur le terrain, inquiétude et frustration grandissent. Élèves, parents et enseignants craignent que l’attente ne compromette durablement l’apprentissage. L’école, censée ouvrir la voie vers un avenir meilleur, risque au contraire de devenir le symbole de l’échec et du découragement pour toute une génération.
Le cas de Karurama n’est pas isolé. Des cas similaires sont rapportés dans presque toutes les 42 communes de la petite nation de l’Afrique de l’Est.
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Photo : Deux institutrices dans une classe très bondée à l’école fondamentale Karurama I, commune de Cibitoke, septembre 2025 © SOS Médias Burundi
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