Ngozi : la journaliste Sandra Muhoza de nouveau devant la justice, ses avocats réclament sa libération provisoire
SOS Médias Burundi
Ngozi, 7 octobre 2025 — Après plus d’un an de détention, la journaliste Sandra Muhoza, correspondante du média indépendant La Nova Burundi, a comparu ce mardi devant le tribunal de grande instance de Ngozi, au nord du pays.
Cette audience très attendue intervient après plusieurs mois d’incertitude juridique autour de son dossier.
Les avocats de la journaliste, conduits par maître Prosper Niyoyankana, ont plaidé pour une mise en liberté provisoire. Selon eux, la détention de leur cliente est illégale depuis la décision de la cour d’appel de Mukaza, qui s’était déclarée incompétente pour juger l’affaire.
« La reconnaissance de cette incompétence annule de fait tous les actes posés jusque-là dans la procédure », a déclaré maître Niyoyankana, estimant que la journaliste « a été privée de liberté de manière abusive pendant plus d’un an ».
Un long imbroglio judiciaire
Condamnée en décembre 2024 à 21 mois de prison pour un message partagé dans un groupe WhatsApp, Sandra Muhoza avait vu sa condamnation et son mandat d’arrêt invalidés le 13 juin 2025 par la cour d’appel de Mukaza, dans la capitale économique Bujumbura.
Pourtant, elle est restée détenue à la prison centrale de Bujumbura (Mpimba) jusqu’à son transfert vers la prison de Ngozi le 26 septembre dernier. Ce transfert faisait suite à la décision de juger l’affaire dans la province où l’infraction présumée aurait été commise.
Des accusations contestées
Sandra Muhoza est poursuivie pour avoir publié, selon les autorités judiciaires, des informations jugées « de nature à troubler l’ordre public et à inciter à la haine ethnique ».
Ses proches rejettent ces accusations, qu’ils estiment motivées par des considérations politiques, et y voient une tentative d’intimidation visant à faire taire la presse indépendante.
Des appels répétés à sa libération
Depuis plusieurs mois, des organisations de défense des journalistes, dont Reporters sans frontières (RSF) et le Committee to Protect Journalists (CPJ), ne cessent d’exiger la libération de Sandra Muhoza, dénonçant une détention abusive.
« Non seulement elle n’aurait jamais dû être enfermée, mais elle ne devrait plus y passer une seconde de plus », a rappelé Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF.
Ces organisations estiment que le cas de la journaliste illustre le flou juridique persistant autour des détentions au Burundi et le recul de la liberté de la presse dans la petite nation de l’Afrique de l’Est.
Une décision très attendue
Le tribunal de grande instance de Ngozi devra désormais se prononcer dans les prochains jours sur la demande de mise en liberté provisoire.
Cette affaire, devenue emblématique, relance le débat sur la liberté d’expression au Burundi, où les médias indépendants continuent d’évoluer sous une surveillance étroite.
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Photo : la journaliste Sandra Muhoza, en tenue verte de détenue, transférée le 26 septembre 2025 de la prison centrale de Mpimba vers la prison de Ngozi, où elle a comparu pour la première fois devant la juridiction locale le 7 octobre. DR/SOS Médias Burundi
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