Dzaleka (Malawi) : trois réfugiés burundais enlevés
SOS Médias Burundi
Dzaleka (Malawi), 8 octobre 2025 — Trois réfugiés burundais, deux hommes et une femme, ont été enlevés dans la nuit de samedi à dimanche près du camp de Dzaleka, dans le centre du Malawi. Leur véhicule a été intercepté par des hommes armés non identifiés, selon les autorités locales.
Selon les premiers éléments de l’enquête, les trois réfugiés avaient transporté un compatriote grièvement malade à l’hôpital de Dowa, situé à une trentaine de kilomètres du camp. L’incident s’est produit alors qu’ils rentraient à Dzaleka, vers 3 heures du matin.
« Ces passagers ont cru qu’il s’agissait de militaires en patrouille, car il faisait nuit. Pourtant, ce n’était pas le cas », a indiqué une source policière malawite.
Le véhicule a été détourné, et toutes les personnes à bord ont disparu.
Un infirmier du camp dans le viseur de la police
L’un des principaux suspects serait un infirmier du camp de Dzaleka. Selon plusieurs témoins, il avait accompagné le patient jusqu’à l’hôpital de Dowa, mais aurait refusé de rentrer avec les trois Burundais, préférant rester sur place jusqu’au lendemain.
« Il détiendrait peut-être des informations sur cette embuscade. Pourquoi n’est-il pas rentré avec les autres ? Ne serait-ce pas un complice qui les aurait livrés ? », s’interroge une source policière à Dowa.
Inquiétude et colère au sein de la communauté réfugiée
Les familles des victimes, originaires de la zone de Kawale I, demandent à la police de retrouver leurs proches vivants et d’ouvrir une enquête approfondie.
« Nous voulons savoir ce qui s’est passé. Depuis des mois, la sécurité se dégrade et personne ne nous protège », déplore un réfugié burundais joint par téléphone.
Criminalité croissante malgré le couvre-feu
De nombreux réfugiés dénoncent une montée de l’insécurité dans le camp de Dzaleka, où vivent plus de 50 000 réfugiés, dont environ 11 000 Burundais.
Malgré l’instauration d’un couvre-feu depuis trois mois, les enlèvements, cambriolages et agressions nocturnes persistent.
« Ce couvre-feu ne sert à rien si la police ne contrôle pas les entrées et sorties du camp », regrette un représentant de la communauté burundaise.
Créé en 1994 pour accueillir des réfugiés du Rwanda, du Burundi et de la RDC, le camp de Dzaleka est situé dans le district de Dowa, au centre du Malawi, à environ 40 km de Lilongwe, la capitale.
Initialement conçu pour 12 000 personnes, il en abrite aujourd’hui plus de 50 000, dans des conditions de vie souvent précaires.
Les enlèvements de réfugiés, souvent perpétrés la nuit, se multiplient depuis plusieurs mois dans les environs de Dzaleka.
Des organisations locales pointent du doigt des réseaux criminels opérant dans la zone et réclament une protection accrue de la part de la police et du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
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Photo : une partie du camp de Dzaleka au Malawi, où trois réfugiés burundais ont été enlevés, août 2025. ©SOS Médias Burundi
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