Bujumbura : L’ALUCHOTO alerte sur les violences et mauvais traitements à l’encontre des Burundais à l’étranger

Bujumbura : L’ALUCHOTO alerte sur les violences et mauvais traitements à l’encontre des Burundais à l’étranger

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 28 octobre 2025 — Dans une déclaration rendue publique récemment, l’Association burundaise de lutte contre le chômage et la torture (ALUCHOTO) a dénoncé les graves violations des droits fondamentaux subies par des ressortissants burundais vivant à l’étranger, notamment en Zambie, au Malawi, en Tanzanie, en Arabie Saoudite, aux Émirats Arabes Unis et au Koweït. L’association a recensé des meurtres, arrestations arbitraires, tortures et mauvais traitements à l’encontre des Burundais qui partent dans ces pays.

Selon le rapport, M. Vianney Ndayisaba, représentant légal de l’ALUCHOTO, se dit profondément consterné par le sort réservé à de nombreux Burundais, alors que les étrangers vivant au Burundi bénéficient d’un traitement respectueux et d’une sécurité totale.

Une migration massive liée au chômage et à la pauvreté

Avec le chômage qui frappe surtout les jeunes, plusieurs dizaines de milliers de Burundais se sont récemment installés dans les capitales et centres urbains des pays de la sous-région et d’Afrique australe. D’autres choisissent de partir vers les pays du Golfe, à la recherche de nouveaux horizons professionnels.

Certains Burundais ont tenté de rejoindre l’Europe en empruntant la Libye, s’exposant aux dangers du voyage en mer, tandis que d’autres ont transité par la Serbie, avant que cette voie ne soit fermée. Dans des pays comme le Kenya et la Tanzanie, des enfants âgés de 8 à 14 ans partent travailler pour subvenir aux besoins de leurs familles très démunies.

40 mineurs burundais expulsés par la Tanzanie le 17 septembre 2024
Une quarantaine de mineurs burundais refoulés par la Tanzanie en septembre 2024. Les départs de jeunes vers les pays de la sous-région sont devenus monnaie courante… © DR/SOS Médias Burundi

Pour ceux qui partent travailler dans le Golfe, les autorités burundaises ont mis en place des partenariats légaux afin de prévenir les violations de leurs droits. Malgré ces mesures, la situation reste préoccupante. À côté de cet exode des cerveaux, la petite nation de l’Afrique de l’Est fait face à une migration massive liée à la pauvreté, phénomène inédit même pendant les années de guerre civile des années 1990 et l’embargo de la même période.

Violences en Afrique australe et orientale

En Zambie, ALUCHOTO rapporte 13 Burundais assassinés et 169 arrêtés arbitrairement, dont 19 victimes de torture. Ces violences auraient été perpétrées par des forces de sécurité, des jeunes Zambiens et des agents des services de renseignement. Certaines arrestations brutales ont touché indistinctement les Burundais avec ou sans documents de séjour, certains devant payer de fortes sommes d’argent pour être libérés.

Au Malawi, dix Burundais, parmi lesquels des commerçants et motards installés dans un camp de réfugiés, ont été tués en mai dernier, selon l’association.

En Tanzanie, 212 Burundais ont été arrêtés arbitrairement, 9 torturés, et 42 soumis à des traitements cruels, inhumains ou dégradants, notamment à la frontière avec le Burundi.

Des agents de la police malawite lors d’une opération de rafle visant des réfugiés originaires de la région des Grands Lacs d’Afrique dont des Burundais © SOS Médias Burundi

Traitements inhumains dans les pays arabes

La situation est également dramatique pour de nombreux Burundais dans les pays arabes, principalement des femmes migrantes travaillant comme domestiques. L’ALUCHOTO recense 121 femmes victimes de violences physiques, tortures et viols. Dans ces mêmes pays, 97 personnes ont été arrêtées arbitrairement et emprisonnées dans des cachots illégaux, et 12 ont été tuées par leurs employeurs.

Appel aux autorités burundaises

Face à cette situation dramatique, M. Ndayisaba déplore le silence et le manque de réaction des autorités burundaises. L’ALUCHOTO demande aux autorités de prendre des mesures urgentes pour assurer la protection et la dignité des citoyens burundais à l’étranger, et de condamner fermement ces atteintes aux droits humains.

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Photo : Des sans-papiers, dont des ressortissants burundais, en train d’être refoulés par les services zambiens. © SOS Médias Burundi

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