Kavumu : une route en ruine étouffe l’accès humanitaire et économique

Kavumu : une route en ruine étouffe l’accès humanitaire et économique

SOS Médias Burundi

Cankuzo, 28 octobre 2025 – Dans la province de Buhumuza, à l’est du Burundi, la route reliant le camp de réfugiés de Kavumu à la Route Nationale n°13, en passant par les centres de Bweru et le chef-lieu provincial, est devenue un véritable calvaire pour les usagers, surtout pendant la saison des pluies. Ce tronçon, crucial pour l’acheminement de l’aide humanitaire et pour les activités économiques, est aujourd’hui dans un état de dégradation avancée.

Les camions humanitaires, chargés de ravitailler le camp, peinent à y accéder. Dans certains cas, le PAM (Programme Alimentaire Mondial) est contraint d’utiliser des taxis pour transporter l’aide alimentaire, les poids lourds ne pouvant plus emprunter la route. Résultat : la quantité transportée est limitée, perturbant la régularité des distributions.

Alphonse, un réfugié du camp impliqué dans le petit commerce, témoigne :

« Pour me rendre à Cankuzo afin d’acheter des marchandises, je dépense jusqu’à 70 000 Fbu aller-retour, avec mes bagages. C’est une dépense insoutenable pour un petit commerçant. À cause du coût du transport, nous enregistrons constamment des pertes dans notre commerce. »

Samuel, un autre réfugié, souligne l’impact sur la distribution alimentaire :

« Depuis le début de la saison des pluies, les camions de vivres n’arrivent plus régulièrement au camp. Le PAM et ses partenaires doivent faire appel à des taxis pour transporter de la nourriture destinée à plus de 20 000 personnes. Cela prend plusieurs jours, ce qui retarde la distribution et aggrave la faim. »

Un cauchemar pour les motards et transporteurs locaux

Pour les motards, cette route est également un cauchemar quotidien.

« Transporter une personne sans bagage entre Bweru et Kavumu coûte 15 000 Fbu. Mais entre Kavumu et le chef-lieu de la province, c’est 30 000 Fbu pour un seul passager ! La route abîme nos motos. Les clients se plaignent des prix, mais nous n’avons pas le choix », explique, sous couvert d’anonymat, un motard de la communauté hôte.

Un projet de réhabilitation qui tarde à se concrétiser

Malgré les espoirs placés dans le projet PRODECI-Turikumwe, qui avait promis la réhabilitation de cette route, aucun travail n’a encore été entamé. Pour les réfugiés comme pour les populations hôtes, cette route représente un véritable obstacle, alors qu’elle devrait constituer un lien vital vers l’aide humanitaire, la mobilité et la survie économique.

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Photo : Une cour intérieure du camp de Kavumu, à l’est du Burundi, où les réfugiés peinent à accéder à l’aide suite au mauvais état des routes © SOS Médias Burundi

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