Deux femmes arrêtées à Rumonge dans un conflit foncier : la défense dénonce un “harcèlement judiciaire”
SOS Médias Burundi
Rumonge, 9 novembre 2025 – Yolande Nduwimana et Mariane Nininahazwe sont détenues depuis le 2 novembre 2025 au cachot de la police de Rumonge, dans la province de Burunga au sud du Burundi. Elles sont soupçonnées de rébellion dans le cadre d’un litige foncier opposant plusieurs familles de la zone Gatete à un homme d’affaires, Benjamin Bikorimana.
Selon des sources policières, Yolande Nduwimana aurait été arrêtée pour avoir envoyé par mégarde un message audio à une personne proche de Benjamin Bikorimana, qui l’aurait transmis au procureur. Mariane Nininahazwe a été interpellée alors qu’elle venait rendre visite à Yolande Nduwimana au poste de police.
Le parquet de la République à Rumonge accuse les deux femmes d’avoir collecté des fonds destinés à corrompre le procureur. Les enquêteurs affirment avoir intercepté un message audio présenté comme preuve de ces soupçons.
Toutefois, la défense rejette catégoriquement ces accusations, affirmant qu’il s’agit d’un montage orchestré par Benjamin Bikorimana avec la complicité de certains responsables du parquet.
Selon les familles concernées, ces arrestations viseraient à intimider et décourager les plaignants dans une autre affaire de faux et usage de faux déposée contre M. Bikorimana au parquet général près la cour d’appel de Bururi.
Le litige porte sur une propriété de 65 hectares située sur la colline Gatete, commune de Rumonge, où M. Bikorimana projette d’ériger un complexe résidentiel dénommé “Nkurunziza City”. Ce projet est contesté par treize familles, qui affirment n’avoir jamais accepté les offres d’achat ou de partenariat proposées par l’homme d’affaires. Ces familles revendiquent la propriété de 18 hectares sur ce site et refusent de les céder.
Depuis le début du conflit, plus d’une douzaine de personnes ont été arrêtées puis libérées, selon la défense. Neuf autres membres des familles concernées vivraient actuellement dans la clandestinité, craignant d’être arrêtés à leur tour.
Les avocats des familles demandent la libération immédiate des deux femmes et appellent les autorités judiciaires et administratives à mettre fin au harcèlement dont seraient victimes ces familles.
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Photo : Une rue dans la ville de Rumonge, où Yolande Nduwimana et Mariane Nininahazwe sont actuellement détenues. © SOS Médias Burundi
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