Rumonge : deux policiers condamnés pour violences mortelles, mais le verdict suscite la colère

Rumonge : deux policiers condamnés pour violences mortelles, mais le verdict suscite la colère

SOS Médias Burundi

Rumonge, 14 novembre 2025 —Le Tribunal de grande instance de Rumonge, dans la province de Burunga, dans le sud-ouest du Burundi, a rendu ce jeudi soir son verdict dans une affaire de flagrance impliquant deux policiers accusés de lésions corporelles volontaires ayant entraîné la mort du chauffeur Éric Irakoze ( 36 ans) , plus connu sous le surnom de Mututsi.

Les prévenus, Emery Nikundana et Blaise Uwimana, ont été condamnés respectivement à dix et vingt ans de servitude pénale, assortis d’amendes et de lourds dédommagements au profit de la famille de la victime.

Détails du jugement

L’affaire, enregistrée sous le numéro RP 6370 / RMP 12940 / NE, opposait le ministère public aux deux agents de la Police nationale.

Emery Nikundana, qui a reconnu les faits et plaidé coupable, a écopé de 10 ans de servitude pénale et d’une amende de 50 000 francs burundais.

Blaise Uwimana, qui a nié les accusations, a été condamné plus sévèrement à 20 ans de servitude pénale et à une amende de 100 000 francs burundais.

Lire aussi :

Les deux policiers doivent en outre verser 20 millions de francs burundais chacun à la famille de la victime, à titre de dommages et intérêts, assortis de 6 % d’intérêts judiciaires depuis la consignation jusqu’au paiement complet, ainsi que d’un droit proportionnel de 4 %. Les frais de justice à tarif réduit restent également à leur charge.

Une procédure rapide et un signal fort

Le jugement a été rendu en audience publique, dans le cadre d’une procédure de flagrance engagée rapidement après les faits. Ce verdict est perçu comme un signal fort de la justice contre les abus policiers et les violences commises par certains membres des forces de l’ordre.

Réactions sur place : colère et incompréhension

À la sortie du tribunal, plusieurs habitants et témoins ont exprimé leur mécontentement, jugeant les peines trop légères pour un crime aussi grave.

« C’est honteux ! On tue un homme et on prend seulement dix ans ? Où va la justice ? », s’est indigné un habitant.

« Mututsi n’était pas un criminel, c’était un chauffeur qui travaillait honnêtement. On ne peut pas tuer un citoyen et partir comme si de rien n’était », a ajouté une voisine du défunt.

D’autres soulignent un sentiment d’insécurité croissant, craignant que la justice n’inspire plus confiance face aux bavures policières.

« Si même ceux censés nous protéger deviennent des bourreaux, et qu’ils s’en sortent presque impunis, alors que reste-t-il pour les citoyens ordinaires ? », a déploré un jeune chauffeur.

Un verdict qui laisse des plaies ouvertes

Dans la commune de Rumonge, cette affaire restera longtemps dans les mémoires. Pour beaucoup, la décision du tribunal ne rend pas justice à la victime et réveille des interrogations sur la responsabilité des forces de l’ordre et la protection des droits fondamentaux des citoyens.

Des agents de la PNB (Police nationale du Burundi) sont souvent cités dans des actes d’assassinat et d’autres violations graves, mais des jugements à la hauteur de ces crimes sont rarement prononcés.

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Photo d’illustration : des prévenus dans la salle d’audience du tribunal de Rumonge, dans le sud-ouest du Burundi, où les deux agents ont été jugés. © SOS Médias Burundi

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