Musenyi : les réfugiées congolaises se lèvent pour dire non aux violences basées sur le genre

Musenyi : les réfugiées congolaises se lèvent pour dire non aux violences basées sur le genre

SOS Médias Burundi

Musenyi, 25 novembre 2025- Le site de réfugiés congolais de Musenyi, situé dans le sud-est du Burundi, a été le théâtre, ce mardi 25 novembre, d’une mobilisation forte et symbolique à l’occasion du lancement officiel de la campagne mondiale des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (VBG). L’événement, organisé par le Centre d’Encadrement de la Femme, de l’Enfant et des Personnes Vulnérables (CEFEPV Asbl), intervient dans un contexte où les violences sexuelles, psychologiques, économiques et les mariages précoces demeurent un fléau quotidien pour une grande partie des réfugiés.

Ce site accueille près de 20 000 réfugiés congolais ayant fui les violences armées qui ravagent l’Est de la République démocratique du Congo, particulièrement dans la région du Grand Kivu. Beaucoup portent encore les séquelles des atrocités commises par les groupes armés.

Une mobilisation symbolique et un message clair

Lors du lancement de la campagne, des centaines de femmes se sont réunies, chantant et portant des messages de résistance. Leur slogan, scandé en chœur, a résonné dans tout le site :

« Nous ne voulons plus de violences basées sur le genre dans le site ! »

Ces moments de solidarité ont montré que la voix des femmes réfugiées, longtemps étouffée par la violence et la peur, est aujourd’hui prête à se faire entendre.
Le thème choisi cette année, « Ensemble, mettons fin aux VBG pour des communautés sûres et égalitaires », renforce cet élan collectif.

Parmi les participantes, une survivante originaire du territoire d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, a témoigné sous couvert d’anonymat :

« Il m’a attrapée lorsque je quittais Bwegera vers la rivière Ruzizi. Un coupeur de route armé m’a agressée. J’ai fui vers le Burundi pour rester en vie, mais depuis mon arrivée, la peur ne me quitte pas. Participer à cette campagne est un acte de courage pour moi. »

Pour de nombreuses femmes du site, victimes d’abus perpétrés par des groupes armés dans les zones de conflit, le chemin de la reconstruction reste long.

Des chiffres qui interpellent

Selon les données compilées par le HCR et ses partenaires — notamment IRC (International Rescue Committee) et Save the Children, publiées en juin 2024 :

98 incidents de VBG ont été documentés au mois de juin.

La majorité des survivants étaient des femmes, représentant 83 % des cas (81 incidents), tandis qu’un seul cas impliquait un homme (1 %).

Les types de VBG les plus courants étaient la violence psychologique et émotionnelle (35 cas) et le viol (27 cas).

Parmi les incidents, 80 concernaient des réfugiés, 15 des rapatriés et 3 des membres de la communauté.

Les violences contre des enfants comprenaient 14 incidents recensés.

Ces chiffres mettent en lumière l’ampleur des défis auxquels sont confrontées les femmes et les filles dans le contexte des réfugiés, particulièrement en période de conflit et de déplacement forcé.

16 jours d’activisme : un levier pour la protection des femmes

La campagne des 16 jours d’activisme vise à dénoncer, prévenir et réduire les violences faites aux femmes et aux filles à travers :

des activités de sensibilisation,

des formations,

du plaiderie et de la mobilisation communautaire.

Le CEFEPV entend renforcer la confiance des survivantes et faciliter leur accès à un accompagnement psychosocial, médical et juridique.

Au niveau national, l’ouverture officielle de l’édition 2025 est prévue le jeudi 4 décembre 2025 à Gitega, capitale politique du Burundi, avec la participation notamment de IRC (International Rescue Committee) et d’autres partenaires humanitaires.

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Photo : des réfugiées congolaises et leurs enfants dans un centre d’accueil dans le nord-ouest du Burundi. Au site de Musenyi, elles participent à des activités de sensibilisation contre les violences basées sur le genre. ©SOS Médias Burundi

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