Burunga en alerte : le choléra gagne du terrain, les autorités mobilisées
SOS Médias Burundi
Burunga, 9 décembre 2025- 260 cas confirmés à Mvugo et Mugerama, 2 décès, et de nouveaux foyers détectés à Rutumo : l’épidémie de choléra progresse rapidement le long du littoral du lac Tanganyika. Les autorités sanitaires redoutent désormais une propagation à grande échelle, alimentée par le manque d’eau potable et l’insuffisance des infrastructures d’hygiène.
Une réunion de haut niveau s’est tenue samedi dernier en commune de Nyanza, sous la présidence du chef de cabinet du gouverneur de Burunga dans le sud du Burundi. La ministre de la Santé, accompagnée de ses partenaires — OMS (Organisation mondiale de la Santé), la Croix‑Rouge, l’UNICEF et Médecins Sans Frontières — a dressé un tableau préoccupant de la situation.
La propagation de la maladie est principalement liée à la consommation d’eau non traitée, au manque d’hygiène et au déficit d’assainissement. De nombreuses communautés riveraines restent dépendantes du lac Tanganyika ou de sources non protégées, augmentant considérablement les risques de contamination.
Pour contenir l’épidémie, la CAMEBU (Centrale d’Approvisionnement en Médicaments du Burundi) a déployé un camion chargé de médicaments. 150 pompes manuelles, des produits de chloration de l’eau ainsi que des kits de sensibilisation à l’hygiène ont été distribués. Trois ambulances supplémentaires ont également été annoncées afin de faciliter l’évacuation rapide des personnes contaminées.
La REGIDESO, unique entreprise publique chargée de la distribution de l’eau et de l’électricité au Burundi, a été sollicitée pour garantir une distribution d’eau potable sécurisée, indépendante de l’eau du lac, jugée impropre à la consommation. Par ailleurs, l’état critique des latrines de l’école fondamentale de Mvugo et de celles utilisées par les pêcheurs a été souligné, nécessitant des interventions d’assainissement urgentes.
L’épidémie dépasse désormais les frontières de la province de Burunga. Des cas ont été rapportés dans le nord de la ville commerciale de Bujumbura, ainsi que dans la région de Cibitoke, au nord‑ouest du pays. Cette dernière accueille ces jours‑ci un afflux de réfugiés fuyant les violences dans l’est de la RDC, ce qui accroît les risques de contamination en raison de la promiscuité et de l’accès limité à l’eau propre.
En attendant des solutions durables, la Protection civile poursuit la distribution d’eau potable. Les autorités sanitaires appellent la population à boire uniquement de l’eau traitée ou bouillie, à renforcer l’hygiène des mains et à consulter rapidement les structures de santé au moindre symptôme, afin d’enrayer la progression de l’épidémie.
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Photo : des agents de santé en train de pulvériser l’intérieur et l’extérieur des ménages à Buterere, au nord de Bujumbura, une zone fortement menacée par le paludisme et le choléra. ©SOS Médias Burundi
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