Buhumuza : propagation du choléra, les bus de réfugiés au cœur des inquiétudes

Buhumuza : propagation du choléra, les bus de réfugiés au cœur des inquiétudes

SOS Médias Burundi

Ruyigi, 28 décembre 2025- La population des communes de Butaganzwa et Ruyigi, de Buhumuza à l’est du Burundi, exprime une vive inquiétude face au risque de propagation du choléra, alors que des cas ont été signalés dans le camp de réfugiés de Busuma. Les habitants pointent du doigt l’insuffisance des mesures sanitaires, notamment dans les transports utilisés pour acheminer les réfugiés.

La peur du choléra gagne les communes de Butaganzwa et Ruyigi, dans la province de Buhumuza à l’est du Burundi, après l’enregistrement de plusieurs cas dans le camp de réfugiés de Busuma, récemment installé à Ruyigi. Ce camp accueille depuis début décembre plus de 62 000 réfugiés congolais fuyant les affrontements dans l’Est de la RDC.

Les habitants dénoncent l’utilisation des bus de transport en commun pour acheminer les réfugiés vers le camp, qui reprennent ensuite des passagers ordinaires sans contrôle sanitaire. À cela s’ajoutent la consommation d’aliments crus ou insuffisamment cuits, le manque d’eau potable et l’insuffisance des latrines, des facteurs qui augmentent le risque de contamination.

Selon un décompte de SOS Médias Burundi, plus de 30 réfugiés sont déjà morts du choléra depuis l’arrivée de cette deuxième vague. Les autorités sanitaires assurent que des mesures sont en cours pour contenir la maladie et prévenir sa propagation aux communautés environnantes.

Cette situation sanitaire survient dans un contexte sécuritaire tendu. Les réfugiés fuient les affrontements entre l’armée congolaise (FARDC), appuyée par les milices locales Wazalendo entretenues par Kinshasa et la FDNB (Force de Défense Nationale du Burundi), et les rebelles du M23.

Contexte sécuritaire et humanitaire

La petite nation de l’Afrique de l’Est a accueilli environ 90 000 réfugiés congolais depuis début décembre, s’ajoutant à plus de 70 000 autres qui avaient retrouvé refuge au Burundi au début de l’année après la chute de Bukavu et Goma, les chefs-lieux des provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu.

Une réfugiée congolaise et des enfants devant des abris de fortune au camp de Busuma, où le choléra menace la population. ©SOS Médias Burundi
Une réfugiée congolaise et des enfants devant des abris de fortune au camp de Busuma, où le choléra menace la population. ©SOS Médias Burundi

Face aux avancées du M23 dans la plaine de la Rusizi depuis début décembre, le Burundi a rapatrié une grande partie de ses troupes déployées en RDC depuis mars 2023. Les affrontements se poursuivent malgré l’accord de Washington signé le 4 décembre 2025 entre la RDC et le Rwanda, sous médiation américaine, un accord auquel le Burundi a pris part en tant qu’observateur, représenté par le président Évariste Ndayishimiye.

Dans ce contexte, plusieurs autorités congolaises du Sud-Kivu, dont le gouverneur Jean-Jacques Purusi, qui s’étaient repliées à Uvira après la chute de Bukavu, chef-lieu de la province au début de l’année, ont fui vers le Burundi après la prise d’Uvira dans la nuit du 9 au 10 décembre 2025. Les rebelles ont par la suite annoncé s’être retirés de cette ville stratégique, située à seulement quelques kilomètres de Bujumbura, la capitale économique du Burundi, sous certaines conditions.

Réactivé en 2021, le M23, majoritairement composé de Tutsis congolais, contrôle aujourd’hui plusieurs localités stratégiques du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, y compris leurs chefs-lieux respectifs, Goma et Bukavu, ainsi que d’importantes zones minières.

Parmi celles-ci figure la zone stratégique de Rubaya, dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu), l’un des plus grands gisements mondiaux de coltan, fournissant une part significative du tantale utilisé dans l’industrie électronique et les nouvelles technologies.

Le mouvement est désormais intégré à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), dirigée par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), qui plaide pour l’instauration d’un État fédéral en RDC.

Kinshasa accuse Kigali de soutenir le M23, tandis que le Rwanda dénonce l’appui présumé de la RDC et du Burundi aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé hutu rwandais dont certains membres sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsis de 1994.

La petite nation de l’Afrique de l’Est a déjà accueilli près de 90 000 réfugiés congolais au cours du seul mois de décembre, s’ajoutant à plus de 70 000 autres arrivés plus tôt dans l’année, accentuant la pression humanitaire et sécuritaire dans plusieurs provinces du pays.

______________________________________

Photo : au camp de Busuma, des agents de santé multiplient les efforts pour prévenir la propagation du choléra parmi les réfugiés congolais.©SOS Médias Burundi

Previous Ruyigi : le camp de Busuma sous tension après des violences lors des fêtes de Noël
Next Rwanda : l’UE, le PAM et le HCR lancent un projet conjoint pour l’autonomisation des réfugiés et des communautés d’accueil

You might also like

Réfugiés

Burundi : surveillance médicale allégée , réinstallation massive de réfugiés congolais mêlées d’inquiétudes avec l’élection de Trump

Depuis le mois d’août dernier, l’OIM (Organisation internationale des migrations)-Burundi a mis en place des mesures de surveillance médicale temporaire de 21 jours pour les réfugiés en route vers les

Réfugiés

Mtendeli (Tanzanie) : le marché central du camp détruit

Ce sont les réfugiés eux-mêmes qui ont détruit les stands.Ils avaient reçu l’ordre de détruire les shops depuis deux semaines. Le responsable du camp a expliqué que la mesure a

Réfugiés

Nakivale (Ouganda) : une association de Burundais a apporté une assistance aux Albinos

Hope For Humanity, c’est cette association de Burundais opérant au camp de réfugiés de Nakivale en Ouganda. Pour la célébration de son premier anniversaire d’agrément, elle a choisi d’offrir un