Nakivale (Ouganda) : les jeunes réfugiés affichent un taux de réussite de plus de 70 % au concours national
SOS Médias Burundi
Nakivale, 4 février 2026 – Dans le camp de réfugiés de Nakivale, au sud-ouest de l’Ouganda, les résultats du concours national de fin d’école primaire témoignent d’une réussite encourageante. Cependant, derrière ce succès se cachent de réelles difficultés pour poursuivre l’enseignement secondaire, faute de moyens financiers et de soutien humanitaire suffisant.
Au camp de réfugiés de Nakivale, l’éducation demeure un défi majeur pour les jeunes réfugiés. Pourtant, malgré des conditions économiques difficiles, plus de deux mille écoliers ont passé, en novembre dernier, le concours national de fin d’école primaire, une étape déterminante pour accéder à l’enseignement secondaire et symbole d’espoir pour l’avenir.
Selon les résultats publiés la semaine dernière par la Commission nationale ougandaise chargée des examens, le camp de Nakivale a enregistré un taux de réussite supérieur à 70 %. Une performance saluée comme une véritable fierté par les élèves admis, leurs parents et le corps enseignant.
La commission, qui avait supervisé la passation des épreuves sur sept sites répartis dans les zones de Base Camp, Juru et Rubondo, s’est également dite satisfaite des résultats dans les camps de réfugiés, dont celui de Nakivale.
Pour les réfugiés, cet examen représente bien plus qu’une simple étape scolaire. « Le certificat de fin d’école primaire est un symbole fort. Il atteste d’un parcours scolaire, alors que l’enseignement secondaire reste coûteux et que le soutien des organisations humanitaires demeure très limité », explique un leader communautaire.
Derrière cette réussite se cache toutefois une inquiétude grandissante. L’espoir de poursuivre les études secondaires s’amenuise pour de nombreux lauréats, faute de moyens financiers. Les réfugiés, issus de plus de dix nationalités, affirment ne plus pouvoir faire face aux frais scolaires en constante augmentation, alors que le HCR se désengage progressivement du secteur éducatif.
« Les frais scolaires sont élevés : plus de 150 000 shillings ougandais rien que pour le minerval, sans compter le matériel scolaire. Imaginez lorsqu’une famille a deux ou trois enfants à scolariser », déplore un parent, lançant un appel à l’aide aux âmes charitables.
Face à ces obstacles, certains jeunes se tournent vers les centres de formation professionnelle (Vocational Training Centers – VTC) afin d’apprendre un métier et acquérir une autonomie financière.
« Pour être admis dans ces centres, un candidat doit prouver qu’il a terminé l’école primaire, ce qui explique aussi l’engouement pour ces examens », précise le leader communautaire, appelant à un soutien accru dans un secteur éducatif encore largement négligé.
Il met par ailleurs en garde contre les conséquences sociales d’un abandon massif de la scolarité : « Si rien n’est fait, nous ne serons pas surpris de voir s’accentuer la délinquance juvénile, la consommation de drogues et de boissons prohibées, le banditisme, les mariages précoces ou encore les grossesses non désirées. »
Autant de défis sociaux auxquels est déjà confronté le camp de Nakivale, qui abrite plus de 150 000 réfugiés, dont plus de 33 000 Burundais.
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Photo : des jeunes, dont des élèves, marchent dans le camp de Nakivale, où un examen national du primaire a été organisé. ©SOS Médias Burundi
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