Nduta (Tanzanie) : manque criant de poches de sang en pleine crise du paludisme
Les poches de sang font défaut dans les structures sanitaires du camp de Nduta en Tanzanie. La cause principale est le désistement des donneurs de sang suite aux mauvaises conditions d’alimentation. Les hôpitaux s’inquiètent alors que l’épidémie du paludisme fait rage. (SOS Médias Burundi)
Dans presque tous les hôpitaux et centres de santé du camp de Nduta en Tanzanie, trouver une poche de sang est une vraie gageure. Les plus affectés par ce manque sont des femmes enceintes, des enfants de moins de cinq ans ou encore des patients ayant subi des opérations chirurgicales comme les césariennes.
Cette carence de poches de sang commence à faire des victimes.
« Un enfant est déjà mort par manque de transfusion sanguine. C’était un cas de paludisme sévère couplé d’anémie. Nous observons une panique générale dans tous les services », explique un volontaire médical.
La cause principale est en grande partie liée aux mauvaises conditions d’alimentation des réfugiés qui refusent de donner du sang.
« La ration a été sensiblement revue à la baisse, trois fois depuis le début de cette année et à chaque début du mois on s’attend à une éventuelle réduction. Alors, comment donner du sang alors qu’on n’a pas à manger pour récupérer ! Sinon, un donneur de sang tomberait malade et aura besoin aussi du sang qu’il aura donné. Vraiment bizarre, cette situation », regrettent des réfugiés burundais au camp de Nduta.
Pour essayer de remédier à la situation, les responsables sanitaires ont lancé une campagne inhabituelle.
« La campagne de collecte de sang se fait pour le moment toutes les deux semaines pour essayer d’avoir au moins quelques poches de sang. Mais, on ne remarque pas vraiment d’engouement comme avant. On peut difficilement recevoir une dizaine de personnes pour toute la période », précisent nos sources au sein des structures sanitaires, rappelant que ce genre de campagne était normalement organisé par trimestre.
En temps normal, expliquent des infirmiers, les hôpitaux du camp de Nduta pouvaient aussi procurer du sang à d’autres structures sanitaires tanzaniennes des environs, mais ils indiquent que pour le moment, «même le camp ne se suffit pas car le stock de sang est vide».
Le manque de sang fait peur aux professionnels de la santé et aux réfugiés surtout qu’il survient en pleine crise du paludisme.
« On reçoit beaucoup de patients qui nécessitent une transfusion sanguine. Et s’il se présente un cas d’urgence, par exemple une césarienne, on devrait normalement le transférer à l’hôpital de référence en dehors du camp avec une poche de sang, alors si le stock est vide, cela veut dire que nous avons de sérieux problèmes sanitaires », laissent entendre des responsables sanitaires du camp.
Pour essayer de lutter contre l’épidémie du paludisme, Médecins Sans Frontières (MSF) vient de donner un coup de main à l’IRC (International Rescue Committee) dans une campagne de traitement.
« MSF va plus concentrer ses efforts dans les postes de santé. Les actions conjointes sont de trois sortes : tests de masse et traitements des cas positifs, distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticides et pulvérisation intra-domiciliaire », expliquent des volontaires médicaux.
Ces actions se font au camp et dans des villages tanzaniens environnants pour essayer de limiter les dégâts au camp de Nduta, une zone à haut risque en cas de telles crises sanitaires.
Le camp de Nduta compte plus de 76.000 réfugiés burundais.
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Photo d’illustration : une réfugiée burundaise dans un champ en dehors du camp de Nduta en Tanzanie
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