Muhanga : arrestation d’une quarantaine de jeunes garçons

Muhanga : arrestation d’une quarantaine de jeunes garçons

Au moins 43 jeunes garçons ont été arrêtés lundi 24 juillet sur la colline de Gashibuka en zone et commune de Muhanga dans la province de Kayanza au nord du Burundi. Selon des habitants , ces jeunes se rendaient en Tanzanie à la recherche du travail dans les champs. La police confirme cette information. (SOS Médias Burundi)

Les jeunes gens qui ont été interpellés ont un âge compris entre 14 et 20 ans, selon des témoins. Des habitants disent qu’ils ont été appréhendés par des policiers alors qu’ils voulaient se rendre en Tanzanie voisine.

« Des jeunes abandonnent l’école pour aller mener la vie ailleurs surtout en Tanzanie. Leurs familles sont dans l’incapacité de les faire vivre suite à l’extrême pauvreté », racontent des habitants de Muhanga.

La police dit avoir été alertée par des jeunes gardiens de la paix. Ces derniers, composés de membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD, les Imbonerakure pour la majorité font des rondes nocturnes sur tout le territoire de la petite nation de l’Afrique de l’est.

« Les informations étaient claires et précises. Nous les avons tous traqués. Ces jeunes sont tous des garçons et ils proviennent des communes de Kayanza pour la plupart , d’autres sont originaires de Ngozi (province voisine) », raconte un policier sous couvert d’anonymat.

Quatre autres personnes dont une femme ont également été arrêtées. Elles ont été transférées au chef-lieu de province, en compagnie des 43 garçons ce mercredi. Un cinquième individu s’est échappé.

Trafic humain

Ces derniers temps, dans plusieurs provinces, les autorités signalent des cas alarmants concernant des abandons scolaires et départs vers la Tanzanie.

« Nous n’avons rien à donner à nos enfants pour manger. Et quand on parvient à avoir un travail journalier dans les champs, avec les 3 mille francs que l’on nous donne, c’est impossible de nourrir nos enfants et acheter des cahiers dont ils ont besoin à l’école. C’est pourquoi la majorité va en Tanzanie suite à la pauvreté des ménages. Moi, mon enfant de 11 ans a déserté la maison sans rien dire », se lamente une veuve de la commune de Bugenyuzi,en province de Karusi (centre-est).

La Fédération nationale en charge des droits des enfants, FENADEB parle de trafic humain. En 2022, elle a documenté plus de 500 cas d’enfants qui ont été vendus en dehors du Burundi.

Elle en appelle à la responsabilité de tout le monde pour « mettre fin à ce fléau ».

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Photo d’illustration : au chef-lieu de la province de Kayanza

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