Makamba : la police extorque les conducteurs de taxis-motos, la tension monte
Il est rapporté un mauvais climat entre les conducteurs de taxis-motos et la police en province Makamba (sud du Burundi). Des policiers saisissent des motos et exigent un paiement allant jusqu’à 100 mille francs burundais. Les motards sont en colère et parlent d’un vol organisé. (SOS Médias Burundi)
D’après des sources locales, la police organise une véritable chasse à l’homme contre des chauffeurs de motos effectuant le transport rémunéré, ces derniers temps.
« Des policiers se pointent sur plusieurs axes pour saisir les motos. Mais au lieu de faire un contrôle, chaque moto est automatiquement amenée au commissariat. Et sans nous expliquer pourquoi, on nous demande de payer 100 mille francs burundais pour la récupérer. C’est bizarre. On ne nous donne même pas de reçu », grognent des conducteurs de taxis-motos remontés.
Ils accusent même la police de les brutaliser pour saisir leurs engins.
« Ils nous menacent même de nous tirer dessus. Nous ne savons pas quel péché nous avons commis », regrettent-ils.
Parmi les policiers actifs dans l’affaire figure le commissaire Moïse Arakaza, connu sous le sobriquet de Nyeganyega.
« Le commissaire Moïse Arakaza est très actif dans les rues de Mabanda. Il a même dernièrement été battu dans une bagarre qui l’a opposée aux conducteurs de taxis-motos à Mabanda. Mais il continue à soutirer de l’argent à ses proies. Toutefois, le commissaire provincial le lui avait interdit, en vain », rapportent nos sources.
Début juin, le commandant d’une position militaire dans la commune Vugizo a été giflé par le commissaire communal de la police.
« Le commissaire a intercepté un motard qui emmenait le commandant de Vugizo. Ce dernier a tenté d’expliquer qu’il avait une urgence. Sans l’écouter, le commissaire communal de la police l’a giflé », rapportent nos sources.
« Le lendemain, accompagné de deux agents, l’officier a roué de coups et emmené le commissaire à sa position », disent nos sources.
Le commissaire a par la suite été sanctionné par sa hiérarchie pour deux mois de mise à pied.
Les autorités provinciales n’ont pas encore réagi à cette situation.
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Photo d’illustration : un conducteur de taxi-moto devant un check-point policier au chef-lieu de la province de Makamba
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