Mtendeli (Tanzanie) : des rapatriés reprennent le chemin de l’exil
Depuis un certain temps, le camp de Mtendeli en Tanzanie accueille des Burundais qui reviennent de leur pays d’origine. La plupart de ces réfugiés sont originaires des provinces de Makamba (sud) et Ruyigi (est). Ils expliquent qu’ils sont poussés de nouveau à l’exil par la méfiance des voisins et par la pauvreté. (SOS Médias Burundi)
Même s’il est difficile d’avoir le chiffre exact, une source bien informée évoque déjà un millier d’anciens rapatriés qui ont repris le chemin de l’exil. Ce week-end, une centaine a été accueillie dans le camp de Mtendeli en Tanzanie.
La plupart s’était rapatriée avant décembre 2020. Les raisons du choix du deuxième exil en moins d’une année sont diverses. “Moi j’ai trouvé la situation intenable. Je n’avais pas de maison, pas de cultures, ma propriété avait été spoliée par mes oncles. Pour vivre, je devais aller chercher un travail journalier. Ce qui n’est pas sûr et facile car je subissais une discrimination. Alors, j’ai pris la décision de revenir ici. J’y ai vécu plus de 5 ans… », explique un père de famille.
D’autres évoquent l’insécurité comme cause de leur nouveau départ du Burundi. “Sur les collines, nous sommes hautement surveillés. Même à l’église, tout le monde se retourne pour nous regarder. Quand il y a un vol ou une tentative de vol, des membres des comités mixtes de sécurité (pour la majorité jeunes Imbonerakure du CNDD-FDD), nous accusent délibérément d’être les auteurs” , témoigne un Burundais. “Une sorte de méfiance s’installe. Tu achètes une bière, les autres te regardent et te pointent du doigt comme si un rapatrié ne peut pas avoir de l’argent. Au marché, quand tu achètes une poule, les gens disent que tu es venu avec beaucoup d’argent. La vie est intenable”, laisse entendre un groupe de réfugiés qui demande actuellement asile au camp de Mtendeli.
La majorité de ces Burundais sont originaires des provinces de Makamba et de Ruyigi. Ils choisissent le camp de Mtendeli qui est tout proche de la région de Kigoma, frontalière avec le Burundi. Ils empruntent des postes frontières clandestins pour y arriver, révèlent-ils.
A Mtendeli, une source indique qu’ils peinent aussi à se réinstaller. “D’abord, nous croyons qu’ils sont envoyés par le Burundi pour nous surveiller et nous espionner. Ensuite, le HCR hésite à les accueillir comme des réfugiés car ils sont considérés comme des rapatriés volontaires. Enfin, ils croisent de nombreux mouvements-retour ”, apprend-on.
Ces Burundais demandent au HCR et à la Tanzanie de leur octroyer l’asile dans ce camp qui compte actuellement plus de 23 mille réfugiés burundais.
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Photo : vue du camp de Mtendeli (Tanzanie)
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