Pénurie d’eau potable à Carama : les habitants redoutent des risques sanitaires
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 23 mars 2026— Dans les quartiers de Carama I et II, situés en commune de Ntahangwa, au nord de la capitale économique du Burundi, Bujumbura, la pénurie d’eau potable persiste depuis plusieurs années et suscite de vives inquiétudes sanitaires. Les habitants redoutent notamment la propagation de maladies liées au manque d’hygiène, dont le choléra, si la situation n’est pas rapidement résolue.
Depuis plus de trois ans, les populations de cette localité dépendent d’un approvisionnement irrégulier en eau potable fournie par l’unique société étatique de distribution de l’eau et de l’électricité, la Regideso. Selon plusieurs résidents contactés le vendredi 21 mars 2026, la situation est connue des autorités concernées, mais aucune solution durable n’a encore été apportée.
Les habitants décrivent des files d’attente quotidiennes autour des rares robinets publics encore fonctionnels, tandis que les points d’eau domestiques sont à sec depuis plusieurs années. Cette situation perturbe fortement les activités quotidiennes, notamment la préparation des repas et le lavage des vêtements.
Au-delà des désagréments domestiques, les résidents alertent sur les risques sanitaires accrus. Le manque d’eau potable favorise la propagation de maladies des mains sales, notamment le choléra. Dans certains foyers, les toilettes deviennent inutilisables en raison de l’absence d’eau pour l’évacuation des déchets.
Un habitant de Carama, s’exprimant sous anonymat, se dit particulièrement indigné par les promesses répétées des responsables de la Regideso, qui annoncent régulièrement une amélioration de l’approvisionnement sans que celle-ci ne se concrétise sur le terrain.
La situation de Carama n’est pas un cas isolé. Plusieurs autres quartiers sont confrontés à des pénuries similaires, non seulement à Bujumbura, mais également dans d’autres villes et régions du pays. Les responsables de la Regideso expliquent souvent ces difficultés par l’extension rapide des villes et l’augmentation du nombre de clients, une justification qui rassure peu les usagers.
Ces derniers dénoncent plutôt une mauvaise planification, un manque de financement et une gestion jugée inéquitable, certains quartiers étant approvisionnés en priorité alors que d’autres, pourtant inscrits sur des listes d’attente officielles, continuent de subir des coupures prolongées.
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Photo : des agents de santé en train de pulvériser l’intérieur et l’extérieur des ménages à Buterere, au nord de Bujumbura, une zone fortement menacée par le paludisme et le choléra. Non loin, à Carama, les habitants font face à une pénurie persistante d’eau potable qui accroît les risques sanitaires. ©SOS Médias Burundi
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