Photo de la semaine – RDC : progression signalée de troupes burundaises vers Minembwe via Bibokoboko, dans un contexte d’affrontements avec le M23 et Twirwaneho
Un important contingent de militaires burundais a été signalé jeudi dernier à Bibokoboko, dans le secteur de Mutambala, territoire de Fizi, en province du Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo, une zone marquée par de violents affrontements armés.
Selon des sources sécuritaires locales et plusieurs témoignages recueillis sur place, ces troupes se dirigent vers Minembwe dans le cadre d’opérations militaires en cours dans les hauts plateaux, visant des groupes armés actifs dans la région, notamment le M23 et Twirwaneho.
D’après des témoins et des reporters de SOS Médias Burundi dans le sud-ouest du Burundi, ces militaires ont quitté ces derniers jours la ville portuaire de Rumonge, avant d’emprunter le lac Tanganyika pour rejoindre les côtes congolaises, en direction de la zone de Baraka.
D’après ces mêmes sources, les militaires ont débarqué dans la ville lacustre de Baraka avant de poursuivre leur progression à pied à travers des zones montagneuses escarpées jusqu’à Bibokoboko, au terme d’un trajet éprouvant effectué en grande partie durant la nuit.
« Plusieurs militaires burundais sont arrivés à Bibokoboko en direction de Minembwe. Certains, visiblement épuisés, transportent des armes lourdes. Ils affirment se rendre à Minembwe pour combattre le M23 et Twirwaneho », confie une source locale.
Les troupes ont poursuivi leur progression vers Kagugu et d’autres localités du secteur de Mutambala et devraient renforcer plusieurs positions stratégiques, notamment à Mulima, Kakenge, Point Zéro, Mukoko et Mikenge, dans une tentative de reprise de contrôle de Minembwe.
Offensives militaires et situation sur le terrain
Depuis décembre 2025, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par des unités burundaises et des milices Wazalendo, mènent plusieurs offensives dans cette zone sans parvenir à déloger durablement les groupes armés présents dans les hauts plateaux.
Dans cette région, la coalition soutenue par Kinshasa affronte notamment Twirwaneho, un groupe armé local composé en grande partie de jeunes Banyamulenge, ainsi que des éléments liés au M23, une ancienne rébellion tutsi réactivée en 2021 et aujourd’hui intégrée à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), dirigée par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
Enjeux stratégiques et ressources minières
Le M23 contrôle plusieurs zones stratégiques, notamment les villes de Goma et Bukavu, ainsi que le site minier de Rubaya, l’un des plus importants gisements mondiaux de coltan, essentiel à l’industrie électronique.
Parallèlement, plusieurs rapports d’organisations non gouvernementales font état de l’utilisation de drones par les FARDC dans la région. Ces frappes ont causé des pertes civiles, des destructions d’infrastructures, dont des habitations, des églises et une radio communautaire, ainsi que des pertes importantes de bétail.
Tensions régionales et accusations croisées
Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir le M23, ce que Kigali dément. Un rapport du Groupe d’experts des Nations unies publié en 2025 évoque néanmoins la présence de 5 000 à 7 000 militaires rwandais aux côtés des rebelles. De son côté, le Rwanda accuse la RDC et le Burundi de collaborer avec les FDLR, un groupe armé hutu rwandais impliqué dans le génocide des Tutsis de 1994.
Entre août 2022 et décembre 2025, le Burundi a déployé plus de 29 000 soldats dans l’est de la RDC pour soutenir les FARDC et les milices Wazalendo, selon un rapport interne du ministère congolais de l’Intérieur consulté par SOS Médias Burundi.
Implication assumée de Gitega
L’implication de Gitega est assumée au plus haut niveau. Dans une vidéo largement relayée, le président Évariste Ndayishimiye a déclaré :
« L’armée rwandaise aurait récupéré tout le Congo n’eût été notre intervention. »
Contestations et mobilisation de la diaspora
Cette présence militaire suscite des contestations au sein de la diaspora Banyamulenge. L’association Mahoro Peace Association, basée aux États-Unis, a organisé plusieurs manifestations en 2025 en Amérique du Nord, dénonçant des abus attribués à l’armée burundaise et réclamant le retrait de ses troupes du territoire congolais.
De son côté, le porte-parole de la Force de défense nationale du Burundi (FDNB), le général de brigade Gaspard Baratuza, a reconnu sur la BBC la présence de civils Banyamulenge dans des zones de combat, tout en évoquant des contraintes sécuritaires liées à la situation sur le terrain.
Des membres de la communauté Banyamulenge vivant aux États-Unis annoncent de nouvelles manifestations et veillées à Washington à partir du 20 avril, afin d’interpeller les autorités américaines sur la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la RDC.
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Photo : Notre photo : ici, un nouveau navire de la marine burundaise, stationné sur les eaux du lac Tanganyika, ramène des soldats de la Force de défense nationale du Burundi et leurs équipements. Le mardi 14 avril 2026
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