Burundi : le pouvoir lance la machine électorale de 2027 et appelle à une mobilisation massive
SOS Médias Burundi
Gitega, 22 avril 2026 —Le président Évariste Ndayishimiye a appelé à une forte mobilisation de la population pour les élections de 2027, insistant sur la nécessité d’un processus électoral ordonné, sécurisé et porté par les citoyens eux-mêmes, à l’occasion du lancement officiel de la campagne d’éducation électorale au stade Ingoma de Gitega, dans la capitale politique de la petite nation de l’Afrique de l’Est, le mercredi 22 avril.
Les autorités burundaises ont ainsi donné le coup d’envoi des préparatifs de l’élection présidentielle de 2027. À cette occasion, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a indiqué que les préparatifs sont déjà bien avancés, avec un budget déjà ventilé et un calendrier électoral déjà établi.
Selon le président de la CENI, Prosper Ntahorwamiye, les prochaines étapes incluent des formations destinées aux partenaires électoraux, notamment les forces de défense et de sécurité, la magistrature, les responsables des partis politiques ainsi que les journalistes. La mise en place des commissions électorales indépendantes au niveau communal et provincial est également prévue.
Le chef de l’État a également insisté sur le coût élevé des élections, qu’il qualifie de charge importante pour les finances publiques, dans un contexte où les autorités affirment vouloir accélérer la mise en œuvre des objectifs de développement à l’horizon 2040 et 2060. Il a plaidé pour une gestion plus rationnelle des ressources nationales et une implication accrue des citoyens dans le financement du processus électoral.
Dans cette logique, il a évoqué des mesures de réduction des coûts, dont l’utilisation de pagnes comme isoloirs, et a estimé que le budget du scrutin présidentiel dépasse 80 milliards de francs burundais. Il a également suggéré que ces ressources pourraient être orientées vers d’autres priorités nationales, notamment l’éducation, à travers la construction d’écoles à régime d’internat dans les 42 communes du pays.

Ce discours traduit une volonté affichée des autorités de mobiliser la population, de structurer le processus électoral et d’en maîtriser les coûts dans un contexte de développement national.
Inquiétudes sur le climat électoral
Des observateurs et organisations locales ont, de leur côté, évoqué des pratiques controversées lors des précédents scrutins. Lors des élections législatives de 2025, des témoignages recueillis par SOS Médias Burundi dans plusieurs provinces faisaient état de pressions exercées pour inciter à l’enrôlement, notamment à travers la fermeture temporaire de marchés ou d’écoles.
Selon ces sources, dans certaines localités, l’accès aux marchés, aux soins de santé ou à certains services administratifs aurait été conditionné à la présentation d’un récépissé d’inscription sur les listes électorales. Des allégations que les autorités n’ont pas officiellement commentées.
Cadre constitutionnel et perspectives politiques
Selon la nouvelle Constitution adoptée en 2018, les élections législatives et présidentielles au Burundi sont organisées selon des règles et des modalités différentes, notamment en ce qui concerne les conditions de candidature, le mode de scrutin et la durée des mandats.
Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de sept ans, renouvelable une seule fois, tandis que les députés sont élus pour un mandat de cinq ans. La loi fondamentale maintient également des mécanismes de représentation spécifique, notamment des quotas de genre et d’équilibre ethnique au sein de l’Assemblée nationale.
La Constitution de 2018 a également introduit ou confirmé plusieurs ajustements institutionnels, dont une réorganisation des rapports entre l’exécutif et le législatif, ainsi que des dispositions encadrant le fonctionnement du calendrier électoral.

Dans ce cadre, le président Évariste Ndayishimiye pourrait, s’il est désigné par le CNDD-FDD, l’ancienne rébellion Hutu au pouvoir depuis 2005 à la suite de l’accord d’Arusha signé en août 2000, briguer un second mandat présidentiel — le premier sur la base de la Constitution de 2018.
Les autorités burundaises inscrivent par ailleurs leur action dans une vision de développement à long terme visant un statut de pays émergent à l’horizon 2040 et de pays développé à l’horizon 2060.
Les élections législatives de 2025 ont, de leur côté, été marquées par une victoire à 100% du CNDD-FDD, selon les résultats officiels validés par les institutions compétentes.
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Photo : le président Évariste Ndayishimiye et la Première dame Angeline Ndayishimiye lors des cérémonies officielles de lancement de la campagne d’éducation électorale en vue des élections de 2027, le 22 avril 2026 au stade Ingoma de Gitega. © SOS Médias Burundi
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